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Un sans-abri et des mots

À lire en écoutant: Fulton road de Bernard Adamus

 

La nuit sent la sangria, tes lèvres goûtent l’été et moi j’ai frette asti

On m’a dit que c’est normal des fois que tu feeles tout croche

Faque je suis assis drette comme ça ya juste en dedans que ça spasse

Y mreste juste une butch de cigarette pour éclairer les recoins de la nuit

Pi une vieille guit pour chanter dans le métro quand jtrouve le temps long

Tu mrgardes avec tes yeux vides tendres la main pour une poignée de change

Ca tfait quoi que je me souale la yeule asoere, jt’ai demandé kek cennes pas ton jugement

De toute facon té plus mal que moé, ça se voit tu feel tout croche quand t’es tuseul

Passe que criss que c’est pas facile d’haïr la vie quand on nous a dit le contraire

On s’est tous fait fourrer par un peu d’espoir, mais t’as toujours le choix de rester ou partir

Regarde mes poches sont vides, pi j’coucher sur un banc

T’achètes ta liberté avec l’accord des gens pi ta job parce tu ne rêves plus

Moé c’est quand la nuit sent la sangria, pi que le grande ours veille directe sur moé que je

me sens libre passequ’asti que j’ai frette a soer

 

Aout 2015

Les filles aux cheveux courts

On court. On courait. Chacun avec une bouteille de vin à la main. Ça prend un litre par histoire.

Voici la nôtre :

Une fille aux cheveux courts (elles ont toutes les cheveux courts aujourd’hui) nous ouvre la porte sur cette nuit. C’est le genre de fille qui erre au gré des saisons, il n’y a pas si longtemps elle avait ce dégradé de couleur laide dans des cheveux longs. Ce n’est pas la première fois que nos profils se croisent. J’ai déjà observé, dans le silence, quelques photos asymétriques sur fond blanc. Je sais par exemple qu’elle aime les couleurs vives et la céramique. Elle n’est pas particulièrement jolie, mais sous un filtre, sa projection virtuelle me suffit. Je sais qu’un jour nous partirons découvrir des terres inconnues à vélo, mais pour l’instant je préfère le vin et le corps de son amie dans un triangle fait pour l’eau. Dans un coin de cet appartement sombre, la lumière se décompose, des histoires de dix secondes se partagent et chacun cherche un réveil à deux. On peut entendre « À paradis city » vibrer contre les murs et mourir entre les angles de ces polygones aux gobelets rouges.

– C’est une question de perception

– Je ne comprends pas

– Les gens aiment ce qui a déjà été fait, si tu leur présentes une image trop actuelle ils ne comprendront pas le contexte

– Comment veux-tu ne pas comprendre un contexte dans lequel tu te trouves ?

– C’est simple, ton image existe parce qu’elle est vue, elle existe parce que tu l’as projetée

– Exactement

– Tu me présenteras un réveil, un jeu de lumière, des montagnes et des forêts vierges, une édition spéciale, une torréfaction et ce sera à moi d’interpréter le contexte. Par contre, lorsque je te vois et te touche, le contexte c’est toi. Il n’y a pas d’interprétation.

– Mais alors si je suis le contexte, il n’y a pas plus actuel que moi.

– C’est ce que je croyais, mais tu es toujours 4, 5 secondes en retard même quand Paul gratte la guitare. Puisque tu ne réagis plus par tes sens, mais bien lorsque ton image a été interprétée. C’est une forme de protection puisque l’idéal c’est de contrôler la perception et l’image que les gens ont de toi.

– Et toi comment fais-tu alors ?

– Je n’ai jamais fait l’unanimité. Voilà comment, mais suis-moi, on court, on courra chacun une bouteille de vin à la main, ça prend un litre de vin par histoire, la notre ne n’hésitera aucune interprétation, puisque tes cheveux seront longs même si tu prétends être la première à les avoir eu courts et Leloup chantera nos chansons.

 

Février 2015

Blanche Anorexique

À lire en écoutant: Disclosure Latch

 

Je ne sais pas à qui est la faute. Disons simplement que ce n’était pas la mienne.

Un peu de lumière, quelques âmes perdues et un corps anorexique. Étrangement, j’aime ce trouble, cette lutte continuelle contre la faim. Un corps mal qui se dresse contre plus que soi-même avec seul support une peau trop mince et des os qui écorchent la vie. La musique était probablement trop forte pour accompagner le moment, mais ces temps-ci, le silence berce seulement les souvenirs que le vent du nord ramène. Encore une fois, je suis un peu trop ivre pour le réveil, mais suffisamment pour aller lui parler. Je cherchais un peu de réconfort dans plus mal que moi. Il le faut puisque forcément si ce n’est pas à toi, c’est à l’autre la faute. J’ai compris qu’il fallait absolument trouver un coupable à nos erreurs parce qu’en vieillissant on supporte moins bien la solitude. Je le sais, c’est égoïste de demander à l’autre de nous aimer, mais sinon qui le fera quand on aura oublié comment le faire pour soi ? Je ne réalisais même pas que je dansais déjà depuis un bon moment. Je ne pouvais même plus dissocier l’envie du désir ni le moment d’hier. J’ai cherché des réponses sur le dos d’un éléphant, dans une plus grande ville, sur l’encre qui s‘imprègne dans ma peau, dans l’amour sur les plages, au sommet d’une montagne, dans la pauvreté du monde et même chez les autres. Il faut être nu au moins une fois devant un étranger pour se sentir vivant ou glisser son visage doucement contre une surface dure, en absorbant un peu de résidu qui retarde légèrement l’état de conscience.

 

Février  2014

11:55

 

Je n’avais pas besoin de toi. Tu ne me connaissais pas. Tu mangeais une fraise assise au pied d’un arbre. Il était 15 : 34. L’été n’a pas d’heure, seulement un lever et un coucher de couleurs. Tu avais des cheveux bruns et des sourcils définis permettant au vert de tes yeux de s’étendre, sans retenue dans ton iris. Tu n’avais pas besoin de moi. Je ne te connaissais pas. Un long chapeau laissait de fins cheveux blonds s’agripper au vent que l’été souffle pour rafraîchir les nuits. Il était 18 : 30. L’été n’a pas de début ni de fin, seulement quelques saisons entre les levers et les couchers aux traits de pastel. On s’est donné rendez-vous un mercredi. J’avais peur. J’ai dormi les yeux ouverts pour mieux imaginer tes mains et la continuité du ciel dans tes yeux bleus pâle. Nous étions sur un toit. Le jeudi, il y a toujours une violoniste qui s’efforce de ralentir le temps pour les cœurs qui ne savent plus suivre un rythme normal. Je t’ai regardé. Tu m’as souri. Les mots que nous voulions dire se précipitaient. Nous avons décidé de laisser le silence combler les espaces. J’ai pris ta main et nous avons marché. Je t’écrivais tous les jours. Et tu m’appelais tous les soirs à la même heure. Nous n’avions rien à nous dire, mais nos discussions s’étalaient sur des heures. Tu m’obligeais à rester moi-même et j’insistais pour que tu gardes certains de tes secrets. On partait à vélo découvrir les recoins perdus. On dansait sur nos chansons et l’on faisait développer les images de nos voyages. On regardait les films de Woody et l’on s’endormait entrelacé parce que la table, le salon, la voiture et les salles de cinéma l’après-midi s’apprêtent toujours à un élan d’amour. Je ne sais plus de quelle couleur sont tes cheveux. Tu es sortie hier. Je passerai plus tard comme d’habitude. Tu vas voir tes amies. Je sors. Je commente une photo. Tu regardes mes messages. Tu changes de chansons. Je me fâche. L’été de mes 17 ans a commencé lorsque je t’ai vu manger une fraise assise au pied d’un arbre et il s’est terminé brusquement un matin d’automne lorsque le vent a tenu pour acqui les feuilles des arbres et moi la couleur de tes cheveux.

11 : 55

 

Mars 2015

Un rire léger enveloppe l’espace,

Elle danse naïvement sous ce vin sucré

Laissant s’échapper un sentiment d’euphorie

Charmant ces âmes qui refusent la musique

Sous prétexte qu’il faut du talent ou plus d’ivresse

Elle me tend la main tout en continuant de sourire au plaisir

Le vent se fait discret et cette eau nous déshydrate

Nos corps glissent et aiment sans amour

Devant ces eaux agitées par la ferveur de la saison

L’été et son vin… enveloppent la raison

Too many bottles of this wine we can’t pronounce

 

Juillet 2013

Un nègre sur le tapis rouge

 

 

Comment arrive-t-on sur le tapis rouge d’Occupation Double ?

Pour comprendre, il faut remonter aux premières saisons. Je n’ai jamais été un fanatique de cette téléréalité ni du star-système, mais j’avais une certaine fascination envers cet engouement populaire, ce voyeurisme, cette quête de célébrité et tous les autres éléments qui gravitent autour des téléréalités. Je disais toujours à mon entourage que lorsque j’aurais l’âge, non seulement j’en ferais partie, mais ce serait une occasion pour moi de me sentir représenté dans ces univers médiatiques monochromes et d’y ajouter une dynamique distincte. Évidemment, chaque candidat qui participe à ce type d’émission à une motivation intrinsèque « différente ».

 

Au départ, j’étais très naïf dans ma vision du processus. C’était un défi, une occasion de voyager, de faire des rencontres, de rire, mais surtout d’utiliser cette vitrine pour promouvoir mes différents projets. Ensuite, on m’annonce officiellement que je suis sélectionné. Je suis un candidat. Je ne suis pas surpris, mais un peu sous le choc. Les gens qui me connaissent savent très bien que je suis un individu extra. Dramatique. Intense. Volubile. Ironique. Articulé. Convaincant. Dérangeant. Controversé, etc. Mais j’ai la capacité et le besoin de soulever les problématiques et aborder les sujets controversés pour provoquer des changements. Et parallèlement à cela, je suis un individu qui doit apprendre à améliorer ses relations interpersonnelles et à briser ses préconçus et ses idéaux sur les relations amoureuses. Je fais partie d’une minorité visible et j’ai un style vestimentaire marqué. J’étais donc un candidat de choix et je le savais. Par contre, j’assumais un peu moins l’impact que je pouvais avoir et encore moins mes intentions réelles. Mais en analysant les évènements des dernières heures, je crois en fin de compte que le Québec avait davantage besoin de ma présence et de celle des autres minorités de la société (et pas seulement les minorités visibles). Les gens ont besoin de comprendre, voir et entendre les autres réalités. Le Québec a besoin de davantage de femmes au pouvoir, de minorités visibles sur les conseils d’administration et de gens avec des handicaps dans les médias. Est-ce que j’ai été choqué par les propos des candidates d’occupation double ? Pas vraiment. Ce qui m’a choqué c’est la banalisation des propos et c’est là la problématique. Il n’est pas nécessaire de crier au racisme, mais il est nécessaire de

dénoncer ce genre d’habitude. On continue d’accepter l’utilisation de phrases comme « plan de nègres » sans rien dire et pire encore, en justifiant que la personne n’est pas raciste. Mais cela démontre clairement l’hostilité systémique à l’égard d’une catégorie de personne. La banalisation des propos est une chose courante dans la société québécoise : « les femmes ne savent pas conduire», «tu es belle pour une noire», «les Arabes sont (insérer l’insulte au choix)», «je ne fréquenterais jamais d’asiatique», «c’est certain qu’elle est lesbienne », etc. Le fait de ne pas les dénoncer et prendre position encourage la perpétuation des propos et la ségrégation de groupes sur notre territoire.

 

Le Québec est une terre d’accueil extraordinaire et les Québécois sont curieux, intelligents et respectueux. J’ai eu la chance de fréquenter une école primaire multiculturelle à Sherbrooke où mon meilleur ami était un Québécois francophone, ma voisine une Québécoise née en Afghanistan, ma partenaire de français une Québécoise d’origine algérienne et mon premier amour une Québécoise qui a grandi en Colombie. Les élèves pouvaient faire la différence entre un Camerounais et un Haïtien. Une élève avec un voile ou une casquette ne t’empêchait pas de partager un rouleau aux fruits avec elle.

 

Je ne m’attendais pas à ce qu’Occupation Double révolutionne les rapports sociaux entre les Québécois, mais j’avais la profonde conviction qu’un effort avait été fait pour encourager la diversité. Il faut un peu plus qu’avoir fréquenté un noir pour comprendre sa réalité et il faut un peu plus qu’avoir vu La vie d’Adèle pour comprendre la réalité des femmes marginalisées. La production de l’émission avait une opportunité de dénoncer les propos sans les censurer et de faire une sélection moins homogène des candidats et encore une fois le résultat est le même. Le changement doit cependant être fait par chacun d’entre nous en cessant de stigmatiser les minorités et tous les groupes mis à l’écart de notre société. Il faut s’ouvrir à l’autre. Avoir le désir d’apprendre et se sentir moins menacé par la différence et le changement. En terminant, la production a décidé de réagir en présentant les excuses des candidates (lol), mais je trouve que V a une part de responsabilité dès le départ lors de la sélection qui n’a pas été assumée, alors que « fraîcheur et nouveau concept » ont été promis et martelés à qui voulait l’entendre sur la nouvelle saison. La production a peut-être choisi volontairement ou non de présenter les propos pour stimuler les cotes d’écoute, mais elle se devait d’utiliser cet exemple pour ouvrir une discussion et aborder un sujet problématique et banalisé au Québec.

Le nègre éliminé sur le tapis rouge xx

 

Octobre 2017

Et puis un jour, tu as 24 ans. Tu te réveilles en te demandant ce que tu as accompli, mais surtout ce que tu aurais pu réaliser. Tu comprends rapidement que tu as fait beaucoup de concessions et qu’il est trop tard pour recommencer. En fait, ce n’est pas vraiment une question de temps, mais plutôt une question de choix. Est-ce que tu recommences un nouveau baccalauréat parce que tu ne t’imagines pas être gestionnaire de médias sociaux toute ta vie (ils t’ont bien eux avec le titre de gestionnaire/coordonnateur) ? Est-ce que tu restes dans une relation confortable parce que l’autre est mieux que la solitude ? Est-ce que tu continues à travailler dans les bars parce que tu ne sais pas ce que tu veux faire de ta vie ? Est-ce que ton prochain voyage te permettra réellement de te découvrir et surtout de te faire oublier ton ex ? Je n’ai pas vraiment de réponses à toutes tes questions. D’autant plus que je suis présentement en train d’attendre une fille dans un café. J’accepte continuellement ces rendez-vous dans des lieux que je suis le seul noir en après-midi. Tu es déjà allé au Darling pour travailler sans penser à ta tenue ? En plus, ce sont toujours les filles qui font de l’anxiété qui m’invitent dans ces décors de céramiques et de plafonds cathédrale.

D’ailleurs, je ne comprends pas ton anxiété. Je ne comprends pas ce mélange d’émotions et de pensées désagréables qui font battre ton cœur trop vite, tout le temps. Je ne comprends pas tes étourdissements même quand tout semble tourner pour toi. Tu veux toujours dormir collé, mais tu as des troubles du sommeil. Même quand je prends ta main, tu continues à trembler. Ta nausée accompagne tes serrements et tes douleurs à la poitrine et pourtant j’ai défait tous les nœuds que les autres ont noué dans ton cœur.

C’est peut-être ça à force d’être une chargée de projet sous-payée qui aurait dû continuer à jouer du violon, mais papa et maman payaient juste ta maîtrise en comm parce que tu fais quoi avec une maîtrise en musique ?

C’est peut-être ça aussi à force de tellement aimer ta blonde tu réalises même plus que même le choix des couleurs pour les murs de ton appartement c’est un sujet d’affrontement

C’est peut-être ça aussi à force de regarder les autres ne pas savoir comment s’aimer, tu ne sais même pas c’est quoi le bonheur d’être complètement vulnérable devant une autre personne

Une jonction

 

 

On essuie nos obsessions avec de la peinture fraîche

Les courants d’air enrobent les tissus laissés à nu

Traçant des courbes aléatoires similaires à la trajectoire du pollen

Des courbes qui rappellent la jonction entre le dos et les fesses

Une jonction qui rapproche les réveils des maîtresses

On essuie nos obsessions avec de la peinture fraîche

Les femmes se déplacent toujours un peu mieux dans l’espace

Pendant que les courants d’air enrobent les tissus laissés à nu

Les transitions ne laissent place à aucune forme de vulnérabilité

Pour se permettre d’aimer, il faut pourtant accepter sa propre vulnérabilité

Les gens s’arrêtent en pleine discussion pour répondre

Et les autres écoutent et finissent par oublier d’interrompre

Essaie de me comprendre

Ce n’est pas de te voir nu qui me charme

Ni quand tu m’offres ton cou avant tes jambes

C’est tout ce qui précède

Les silences confortables dans les yeux de l’autre

Puisqu’il faut plus de confort pour être en silence

Qu’il en faut pour parler de soi

Les déplacements se font quand personne n’observe

Si tu te regardais comme tu regardes les autres te regarder

Tu verrais que personne ne se voit

N’essaie plus d’être là où l’autre était

Et encore moins d’être celui, que l’autre n’est pas

Personne ne s’intéresse réellement à la projection

Ne sois pas de ceux qui me parlent d’abord de mon image

Et si j’étais incapable de te faire l’amour sobre

Appuyé à une poutre sans chaleur

Je fume, je fume, mais

voici ce que je réponds : je fume, mais…

Mais seulement avec les gens

Mais seulement l’été

Mais seulement quand je bois

Mais…

Les gens répondent toujours à leur propre question

Et si j’étais incapable de te faire l’amour sobre

 

 

11 juillet 2017

L’image

 

Tout le monde finit par être photographe et parfois même le sujet. Il ne suffit plus de regarder le temps et laisser la lumière s’infiltrer, on la bouscule, la force et l’on va même jusqu’à la synthétiser. Je ne me suis jamais vraiment intéressé à ce médium parce que je n’aime pas l’idée du temps. Il essaie de se l’approprier en le figeant et il est consommé sans arôme ni saveur et parfois même sans contexte. Par contre, j’adore les sujets. Leur expression, leur candeur et leur malaise. Parce que chaque cliché choisi laisse derrière une série d’images n’ayant pas suffisamment de lumière, ne permettant pas d’apprécier les lignes et le caractère de l’instant. Je crois honnêtement que le sujet fait la photo. Oublie l’ouverte, l’iso et tous les aspects techniques. Regarde les traits, l’expression, la peur, la texture et la fragilité qui s’en dégage. Tu défendras probablement l’œil artistique du voyeur. Mais cela n’a rien à voir, aujourd’hui tout le monde peut s’improviser capteur d’image. Et tu le constates toi aussi en épluchant tous ses comptes. Les mêmes images se répètent ; l’architecture d’un monument, une fille sans brassière « au pantalon ample devant un miroir caché partiellement par ses tattoos éparpillés sur une peau négligée et revendiquant son indifférence au système et à la pop culture », les rocheuses, la mer, une promenade en forêt, un réveille en sous-vêtements ou des visages de près avec des traits fins et symétriques auxquels on ajoute quelques taches de rousseur en guise de finition. C’est beau. L’œil s’arrête et contemple. Mais il oublie. Il continue. Il est devenu insensible puisque les images se répètent sans texture et sans fragrance. La plus belle capture se décrit, mais ne se voit pas. Tu dois pouvoir sentir la mer, entendre le bruit des vagues, ressentir le besoin d’amour de cette jeune fille qui pose seins nus dans un appartement du Mile-End. Ce sont à peu près les mots d’un monsieur qui expliquait à un jeune photographe que la façon dont les images sont partagées tue l’essence même de la photographie, et ce du point de vue de celui qui voit seulement le beau ainsi que de celui qui revendique et conteste le sens même de ce concept par la libération de son expression « artistique ».

 

Aout 2016

Comment faire l’amour sans pénétration

 

Ta belle-mère aurait aimé avoir une aventure avec un noir parce que ton père n’a jamais vraiment su la satisfaire autrement qu’avec des fleurs et un missionnaire maladroit (c’est déjà quelques orchidées et un mélange de roses de plus qu’avec ta mère), toi tu trouves que ça ferait de beaux enfants métis et peut-être qu’ils auraient tes yeux clairs (assis-toi et relis tes notes de cours sur les gènes dominants) et ta sœur elle, elle a fuck the whole squad parce qu’elle a grandi sans frontières dans sa tête, en écoutant Kendrick et en montrant un peu ses seins sur Instagram sous du « streetwear ».

Cette semaine, j’avais le mandat de définir à quel moment dans une relation sexuelle, tu considères avoir fait l’amour. Est-ce que c’est lors du coït vaginal, lors de l’orgasme d’un des partenaires, toutes ces réponses, autres ou aucune de ces réponses. Évidemment lorsque la question a été présentée au conseil d’administration composé uniquement d’homme hétérosexuel la réponse fut simple et évidente : lors de la pénétration vaginale. Je dis « simple » et « évidente » parce que la sexualité se vit beaucoup au travers de ses amis. Est-ce que c’est normal ? Est-ce que tu as déjà essayé ça ? Donc, c’est plus simple de savoir si tu l’as baisée en faisant référence à la pénétration, parce que sinon comment tu définirais ça en ?

J’ai appris plus sur le corps de la femme en l’observant et en l’écoutant qu’en le pénétrant. Ça semble évident comme affirmation, mais ce n’est pas le cas. On a grandi dans un contexte où la pénétration est le point culminant et tout le reste est un peu flou. Dans un contexte où ton partenaire (même le plus féministe de tous) est un peu mal à l’aise d’entendre que tu as eu 20 pénis dans ton vagin ou que tu préfères avaler du sperme au fait de mettre une banane un peu trop mûre dans ta bouche. Dans un contexte où les gens sont incapables de faire la séparation entre la nudité et la sexualité. Tu vas probablement me diagnostiquer un semblant de besoin d’attention ou je ne sais quel autre truc que tu as lu un sur ton feed entre un article sur la sortie du nouvel album de Drake (29 avril), les problèmes financiers de Kanye et l’improbable candidature de Trump, mais moi j’adore le corps. De tes seins en passant par tes fesses, mais surtout tes fesses. J’aime le corps, vraiment. De tes muscles en passant par tes articulations. J’adore voir un corps en mouvement, au repos, mais surtout m’imaginer ce que les vêtements transportent avec eux. Par contre vois-tu dans ma fascination, il n’est jamais question de sexualité. Parce que pour moi le corps est avant tout une sculpture, une locomotive, un écosystème, une complexité, un été, et plus encore. Le contexte a vraiment joué un rôle important sur les normes qui balisent les rapports sexuels et surtout le corps de la femme dans ces rapports sexuels. Certains affirmeront que ce n’est pas un débat à avoir sur la place publique, que la nudité ne devrait jamais être séparée de la sexualité, que la religion doit avoir un rôle plus important dans l’État comme dans la sexualité et que c’est une pratique qui doit rester dans l’intimité des gens et c’est correct aussi, mais tu peux également mettre ma graine dans ta bouche et dégager d’ici tout de suite.

Je t’écris cette réflexion décousue ce matin pour tous ces gens qui m’ont aidé à mieux comprendre comment faire l’amour sans pénétration.

– Merci à toi qui insistes toujours un peu sur ta blonde pour faire de l’anal

– Merci à toi qui m’as appris que le jus de canneberge c’était excellent pour ta flore vaginale

– Merci à toi qui m’as montré qu’on peut faire l’amour même durant tes menstruations

– Merci à toi qui m’as appris que même si l’on porte le foulard ça n’empêche en rien d’aimer la stimulation anale

– Merci à vous couple d’amis qui m’ont appris qu’on pouvait avoir des rapports sexuels rough, mais dans le respect

– Merci à toi qui t’affirmes et qui oses dire non quand tu n’es pas confortable avec une pratique

– Merci à toi couple d’amis homosexuel qui m’a appris qu’il n’y a pas que la sodomie

– Merci à toi couple d’amies homosexuel qui m’avait appris que c’est bien plus que la vie d’Adèle

– Merci à tous les pères qui font en sorte que les belles-mères m’échangent des beaux sourires

– Merci à vous qui avez fait un trip à trois

– Merci à toutes ces ruelles qui ont accueilli des débats amoureux

– Merci aux cliniques de dépistages d’ITS

– Merci à toi qui m’as appris à ne pas être dégoûté par ton poil

– Merci à toi qui m’as appris comment écouter ton corps

– Merci à tous ces sites pornographiques pour leurs gros plans sur du gros n’importe quoi

– Merci les gars pour les discussions

– Merci à toi qui es inconfortable dans son corps

– Merci à toi qui m’as aidé à comprendre ce que je faisais avec ma langue entre tes jambes

– Merci aux premières féministes pour la pilule contraceptive

– Merci à tous les ex qui ont aidé leur partenaire à découvrir leur sexualité

– Merci à tous les stéréotypes sur ma graine

– Merci à toi Riri

– Merci au fait que je sois ambidextre

– Merci aux carcasses fragiles qui détestent dormir seules

– Merci à ta sœur

– Merci au 4@7

– Merci snapchat/tinder

– Merci Lennox

– Merci aux filles de marketing

– Merci à toi qui traites les filles de chiennes parce qu’elles vivent pleinement leur sexualité

– Merci Booba

– Merci Kim pour ton sextape

– Merci à vous tous qui parlez plus de la sexualité chez les autres que de la vôtre

– Merci à toi qui as peur d’essayer de nouvelles pratiques sexuelles

– Merci à toi qui as rendu confortable ta partenaire

– Merci, Usher, pour : Yeah

Et merci à toutes les femmes qui insistent une fois de temps en temps pour faire l’amour sans penetration

 

Avril 2016

Hervé fait l’amour aux blanches comme un nègre

 

Comment un nègre comme Hervé finit-il par faire l’amour aux blanches ?

En fait, comment un nègre comme Hervé finit-il par faire l’amour exclusivement aux blanches ?

Avant de répondre à cette question, il est important de souligner que l’explication qui suit n’appuie ou ne condamne en aucun cas le soulagement de ce singe dans l’occident fragile. J’ajouterai également que ceci n’est qu’une réflexion permettant de mettre les bases pour une discussion et non une conclusion ou autre finalité absurde que tu essayeras d’extrapoler par des hypothèses ou en réaction à mes propos choquants. Pour simplifier mon analyse, je vais émettre un postulat réducteur :

Il existe deux types d’immigrants soit ; ceux qui encouragent la ghettoïsation des immigrants par les États occidentaux et ceux qui tentent de s’intégrer par défaut ou par ouverture.

 

Lorsque les immigrants arrivent dans leur nouvelle terre d’accueil, ils sont souvent entassés dans des habitations à loyers modiques. Ce qui crée une ségrégation par classe sociale et encourage la pauvreté, la violence, le décrochage scolaire, etc. (note à moi-même : aller lire sur le sujet pour confirmer cette hypothèse). Mais comment se fait-il que certains immigrants s’intègrent mieux ou quittent le cycle de la pauvreté ? Plusieurs observations peuvent expliquer cette situation (le choix d’école, l’éducation des parents ou tout simplement la volonté personnelle de chaque individu). Il faut comprendre que tous les immigrants ont une histoire différente (tout comme toi en fait, t’inquiètes, je ne t’oublie pas).

Le premier type d’immigrant encourage la ghettoïsation pour plusieurs raisons ; c’est difficile d’être différent, c’est plus facile de se comprendre entre nous, ils ne veulent pas nous donner d’emploi, on doit travailler deux fois plus fort, la culture est différente, on est tous des singes, des terroristes, des odeurs, etc. Le second type vit la même réalité, mais il prend une position différente. Certains vont littéralement renier leur culture pour s’intégrer plus facilement, d’autres vont jongler entre ces deux milieux. C’est difficile de ne pas généraliser, puisque chacun réagit comme il veut ou comme il peut.

Mais je reviens à ma question de départ : comment un nègre comme Hervé finit-il par faire l’amour exclusivement aux blanches ?

Peu importe son « type d’immigrant », Hervé finira par faire l’amour exclusivement aux blanches. J’ai essayé de trouver une réponse simple à la question et malheureusement je n’y suis pas arrivé, mais je me permets encore quelques hypothèses réductrices (oui, oui, je vais généraliser pour tirer une conclusion) ;

1) Les hommes tentent de contrôler la femme, peu importe la culture

2) Les hommes immigrants vont renier beaucoup plus facilement certaines valeurs culturelles traditionnelles dans leur mode de vie/relations

3) Il n’y a pas beaucoup de modèles masculins forts pour représenter l’homme immigrant

4) Il y a encore moins de modèles féminins forts pour représenter la femme immigrante

5) Les femmes occidentales sont plus ouvertes aux relations interraciales

 

En occident, les sociétés sont souvent un peu plus libérales que les pays d’origine de certains immigrants ce qui engendre un débat éthique et un débat de valeur. Malgré tout, l’homme a une position beaucoup plus favorable que la femme, peu importe la culture. Par conséquent, les hommes immigrants vont renier plus facilement certaines valeurs traditionnelles pour s’adapter ou simplement pour goûter librement aux joies de l’occident (l’alcool, la sexualité, la religion, etc.). Contrairement aux femmes immigrantes qui vont conserver davantage les valeurs traditionnelles. Il y a donc un choc de valeurs qui se crée au sein même des communautés culturelles. De plus, on remarque qu’il n’existe pas beaucoup de modèles forts pour les immigrants et encore moins pour les femmes immigrantes. Ce qui explique notamment pourquoi les femmes occidentales sont plus ouvertes aux relations interraciales. On voit beaucoup plus d’artistes, de sportifs et de comédiens hommes immigrants que de femmes immigrantes dans les sociétés occidentales, même si certains groupes minoritaires sont encore à l’écart comme les Asiatiques par exemple (cela se traduit aussi dans les relations interraciales).

1) Ceci est un amalgame de généralisations volontaires, le but étant de provoquer une réflexion et une discussion

2) Je suis en cours, donc laisse moi une chance pour la structure du texte

3) Merci, Asap Rocky, pour toutes les filles blanches qui ont su faire l’amour à un nègre sans se fatiguer

4) Discutons

#diasporaspeaking

 

Novembre 2016

Larue & fils

 

 

 

 

L’été se meurt pour que nous puissions oublier nos premières rencontres et les mères qui pleurent en silence.

Une jeune maman allaite son bébé devant le café Larue & fils. Elle porte des lunettes qui lui ont été conseillées par une photographe inexpérimentée qui a fait ses études en communication. Aujourd’hui, personne ne travaille dans son domaine d’étude. Les diplômés en littérature développent des sites web et de jeunes avocates désillusionnées se réorientent vers les domaines de la santé. La jeune maman se sent pleinement en confiance d’allaiter devant un été qui se meurt puisque sa conversation de groupe « girlpower » lui a dit que c’était ce qu’il y a de plus naturel, malgré un corps déformé par ce bébé qui l’épuise. Ce bébé qui pleure et fracture son couple. Ce bébé qu’elle apprend à aimer. La conseillère lui a parlé de son visage rond et des différentes montures qui vont appuyer et sculpter son visage, mais jamais de sa détresse aveuglante. Comment une mère doit-elle apprendre à aimer son enfant ? Deux jeunes filles font miroiter les notes d’un piano public devant le café Larue & fils. Le chemin du retour entre l’école et la maison est un espace de création et de liberté brossé par une imagination tangible. Les trottoirs peints sur le chemin Castelnau mènent à une grotte magique où les hippopotames apprennent aux fleurs à danser sous le vent pour éviter de se casser, où tous les enfants ont accès puisque la seule contrainte pour y entrer est de ne plus croire à ses rêves et où tous les enfants se trouvent hors de notre monde, sans crainte d’être persécuté du fait de leur appartenance communautaire ou religieuse et n’ayant même plus de nationalité, sans toute fois avoir besoin d’un statut de réfugié. Des parents n’ayant visiblement pas accès à la caverne déracinent les enfants de ce monde « utopique » pour aller manger devant la télé sous les yeux d’un été qui se meurt.

Observations durant la pause café/chocolat chaud

 

15 septembre 2017

Ecstasy

J’entends mon cœur battre. Les aiguilles de l’horloge se déplacent. J’appuie mon verre sur la table. Je vois tout. Je sens tout. Ma main glisse rapidement sous mon nez. La grande aiguille se fait transporter. Mes pupilles se dilatent. Je te vois. Je suis excité. J’ai chaud. Je bois. Ma main glisse sous mon nez. Rien. C’est un réflexe. Avec le temps, on ne sait plus quand on saigne. Le serveur m’accroche. Je l’ignore. Je bois. Je salive. Je ne m’en aperçois pas. J’essaie de saisir le temps. Cet étirement dans l’espace. Je me vois bouger. Je suis assis. Je suis debout. Je te touche. Ma main glisse sous mon nez. Le tien saigne. Je pense à ce que j’ai lu plus tôt. Je reviens sur le temps. Je l’oublie aussitôt. Lui aussi. Tu es où ? On est dans une voiture. Le vin aussi. Je ferme les yeux. Mon cœur se glisse entre mes côtes. Il revient dans son nid. Puis recommence. Je le vois. Je le sens. Il me porte. Tu ouvres la porte de l’appartement. Je regarde tes lèvres. Tu déposes les clés et en même temps je t’appuie contre le mur. Tu es surprise. Tu me laisses faire. Ma main glisse sur ta joue. Elle s’appuie aussitôt sur ta nuque. En se frayant un cheveu dans tes chemins. Mon pouce reste appuyé sur ta joue. Ta bouche est entrouverte. Je m’approche. Je t’embrasse. Ta main tente de s’accrocher à mon corps. Je la surprends et l’appuie contre le mur. Ta main gauche monte sur la surface. Ma main droite la guide. Mes lèvres s’échappent dans ton cou. Ta bouche est toujours entrouverte. Je soulève ta jambe droite. Mon bassin s’assure de te maintenir en place. L’exécution est rapide. Tu pousses un soupir. Tu libères ta main. Tu détaches ma ceinture. Tu t’extirpes du mur. En glissant vers le sol. Tu t’appuies sur mes hanches. Mon pantalon tombe. Je glisse ma main sous mon nez. Tes lèvres humidifient l’espace. Tu insères habilement mon sexe dans ta bouche. Ton chat est sur la table. Ton micro-ondes affiche 2 h 36. Je respire. Je suis vivant. Tu t’arrêtes. Me regardes. Tu ne peux plus attendre. Ta chambre est trop loin. Tu me pousses vers le divan. Nos jambes s’entremêlent. Tu es assise sur le dos du divan. J’enlève ton chandail. Mes mains glissent sur tes cuisses. Entre ta robe et tes bas longs. Tu nous fais basculer. Tu es sur moi. Je libère ta poitrine. Je comprends finalement le temps. Je réalise aussitôt que nous sommes nus. Tu es toujours sur moi. Tes mains sur mon abdomen. Ta tête est inclinée. Je regarde toujours tes seins. Via l’espace entre mes doigts. Tu retiens des sons. Je réfléchis. Tes mains recouvrent les miennes . Tu accélères. Je me lève. Te bascule à mon tour. Je serre ton corps. Tu réagis. Plus je serre. Plus tu vibres. C’est maladroit. Impulsif. On aurait pu s’aimer, mais ce soir on fourre au rythme du désir. C’est pur. Naïf. Bruyant. Je ne connais pas ton corps ni les positions que tu préfères, mais plus je te serre, plus tu cries et plus je te serre, plus le temps glisse sur tes courbes. Il fait chaud. Tes cheveux courts collent à ton visage. C’est la fin. On rugit. C’est animal. Je saigne du nez. J’atteins l’orgasme. Le sang chaud qui coule sur ton corps te fait fondre. L’orgasme suit.

Too many white lies and white lines

Septembre 2014

La brume des nuits

 

Un vieux ticket de métro, une carte expirée et un passeport (au cas où les nuits sans reflet de Montréal ne suffisent plus à compenser ces jours trop clairs et trop courts) perforent mes poches Maman préfère les filles et papa les cornets à la vanille Quelques promesses accompagnent souvent ces nuits éternelles sur les toits d’immeubles aux accès interdits et aux vues imprenables Marvin chante pour ces montagnes au sommet jamais trop haut pendant que le vin te fait danser Si les fleurs ne suffisent plus à guérir ce que l’amour sème mieux vaut alors s’aimer que le temps d’un été sans regret, sans attache et à vélo

Juin 2014

Deux lettres, sept timbres et une cigarette

Elle dépose un verre de saké

Des yeux sombres comme un continent oublié la remercient

Trop tôt pour danser et trop tard pour déjeuner

Trois cartes du monde sans aucune proportion, cinq océans et un départ

La pluie chante en se laissant tomber sur ce centre-ville en mouvement

Il quitte aujourd’hui pour revenir ailleurs avec cette histoire

Huit magnifiques voiles, onze dollars de pourboire et treize chaises vides

 

Aout 2013

Mon visage du sud pleure la neige sous ce soleil du nord

J’éteins le jour à midi, pour suivre l’étoile Polaire

Une capture de mes pieds, dansants devant le foyer

Mon visage du sud pleure le froid sous ce soleil qui dort

J’éteins le jour à midi, pour cacher les fautes et les faire taire

Une capture de mes pieds, grelottants sous janvier

 

Janvier 2013

Le moment ne peut être capté par une heure, seul un regard possède cette caractéristique

8 h 31 :

La lumière du jour se glisse entre ces rideaux. Ma tête est mal. Je suis nu.

Mes yeux s’ouvrent sur cette journée, pendant que ma mémoire se noie avec mon foie.

Une filtration d’images, quelques souvenirs d’hier, une chambre inconnue. Sa chambre à elle.

Ma vision est trouble. La brume du matin. Nécessaire. Elle dort encore.

 

8 h 40 :

J’atteins mes lunettes. Mon iPhone. Un pantalon. Je la regarde au travers de mes verres

polarisés ainsi, j’instagram le moment, ses cheveux, son dos et l’aperçu de ses seins.

Je ne sais plus… Qui ? Comment ? Où ? Pourquoi ?

 

8 h 50 :

Le plaisir. La faute. Le mensonge. J’hésite. Un départ, une note ou son visage. Qui est-elle ?

Qu’est-ce que j’ai fait ? J’attends. Je m’assois. J’observe. Un lit. Des murs. Et rien.

Un univers blanc, épuré.

 

8 h 54 :

Devant moi, une porte, un balcon. Je me lève et j’avance au son du silence.

J’observe la cour intérieure. Ce jardin d’Éden. Un courant d’air.

Un parfum.

Ses mains m’entourent.

Je fais confiance au moment, à l’incertitude et à l’amour du matin. Je ne connais pas l’endroit.

Je suppose. Je fais des liens. Je cherche mon chemin.

 

9 h 22 :

On boit un café. Elle fume. Porte ma chemise.
Trop grande pour elle, mais en parfaite harmonie avec son corps.

Elle m’explique : « J’étais sur le tabouret. Face à toi. Ton regard dans le mien. Aucun mot

ne s’est dit. On savait. Sans connaître, sans aimer, sans lendemain. On avait reconnu cet arôme, l’intensité d’une vision sombre, commune, brûlante et trop souvent refoulée ».

 

10 h :

Je quitte son automobile. Je quitte ce son lourd. Je quitte cette mélodie.

Je quitte sur un baiser, un au revoir, un doux souvenir, la beauté du moment.

“We finally cry oh and we done it because it’s right.”

Aucun échange de nom, ni d’adresse, ni de numéro.

Une entente, un pacte avec le mal, le désir, la perte.

 

J’écris l’histoire au masculin, parce qu’une fille ne peut qu’imaginer une histoire d’un soir.

Puisque seul le masculin peut, se salir en restant propre et peut s’amuser sans être souillé. Je crois au désir, à ce regard, à ces réveils et non au refoulement, à la paralysie, à l’autocensure…

 

Septembre 2012

C’est lourd

Tu as appris à un certain moment que les « si » mangeaient les « rais » et depuis ça vient te chercher profondément quand quelqu’un fait cette erreur. Tes sources principales d’informations sont des articles publiés sur les médias sociaux, tes acquis académiques, ce que papa t’a dit, quelques interviews à RDI ou TLMEP et des rubriques dans les quotidiens francophones. On t’a fait lire le Petit Prince, mais tu ne te souviens que du mouton. Tu es convaincu que l’amour peut faire pousser un nénuphar dans ton corps puisque Boris t’a accompagné durant ton cégep et tes premières fois. Tu as eu une mauvaise expérience avec un Arabe dans le métro, avec un noir au bar ou un Espagnol qui texte ta blonde. Tu as déjà partagé une photo qui incite à voyager pour vivre et encourage à tout laisser tomber une fois dans ta vie pour prendre un risque et sortir de ta zone de confort. Tu as sûrement déjà passé beaucoup de temps à parler de ce qui ne va pas chez quelqu’un avec tes amis, sans jamais l’adresser à la personne concernée. Tu es conscient que l’information que tu reçois est filtrée et représente une perspective favorisant les intérêts d’un groupe, mais ça te va. Tu as déjà refusé de laisser partir quelqu’un par crainte de perdre ton emprise ou ta routine. On t’a déjà emprunté ton cœur pour te le remettre un peu plus amoché. Tu as déjà blâmé l’autre pour tes décisions. Tu aimes le chocolat, les framboises et le son de la pluie au réveil. Ton ventre, ton nez, tes sourcils ou tes jambes te dérangent. Tu aimes les souvenirs qu’on filtre pour augmenter l’éclairage, diminuer les reflets et ajouter de l’ombrage. Tu as peur de mourir, mais encore plus de vivre selon tes rêves et tes convictions. Tu as appris que l’université, travailler fort et avoir une bonne carrière augmente tes chances d’atteindre un certain niveau social. Tu aurais aimé être médecin parce que personne ne souhaite voir son enfant couper des cheveux pour manger. Tu pleures parce que tu es épuisé. Tu pleures pour vivre. Tu es influençable parce que tu es un être social. Tu as des amis avec qui tu bois, tu sors et que tu vois chaque jour en ce moment. Tu as des amis avec qui tu as vécu tes premières expériences. Tu as des amis qui t’écrivent à ton anniversaire. Et tu as des amis qui n’ont pas besoin de spécifications.

 

Je voulais t’écrire sur la crise en Syrie, sur la campagne électorale et ses enjeux, sur les femmes autochtones, sur ta peur des immigrants, sur tes généralisations, sur l’automne, sur ton implication sociale et sur la première fois que j’ai fait de la cocaïne, mais je suis épuisé. Je suis entre un vomi sur une story et une explication du pourquoi je suis tout nu sur Instagram, entre des messages textes incohérents et un texte sur l’identité québécoise, entre ma mère qui me regarde engloutir deux cultures et un souvenir d’enfance, entre une discussion sur l’évolution de la musique et pourquoi j’aime plus le rap d’aujourd’hui que Pink Floyd et 2pac, entre mes projets et mon implication sociale entre des bières au Siboire, trop de choses et entre rien en même temps. L’important ce n’est pas ce que tu choisiras le 19, mais ce que tu choisiras de faire tous les autres jours de l’année pour défendre ce en quoi tu crois. Parce que c’est un peu ridicule de demander à certaines personnes de défendre tes intérêts sans agir puisque tu te dis que tu n’as pas d’impact et que tu dois préparer ta prochaine photo dans un café. C’est comme ces gens qui demandent aux autres de les aimer puisqu’ils ont oublié comment faire.

 

C’est lourd… Comme mes mots, comme un « si » avec un…

 

Octobre 2015

Au pied d’un arbre triste, Vian entre les mains

Caché par le son d’une guitare

Guettant ce que la chaleur offre de mieux

La beauté sacrificielle, ces corps maigres

Rappelant les cornets de vanilles


Dégoulinants sous l’été

 

Mai 2013


 

Promis juré craché, je ne te lâcherai jamais 

Elle se tient debout face au vent et dos au moment. Une boucle retient cette chevelure libre de la traversée de l’Atlantique. Elle rêve en silence d’ouvrir les bras et de déployer ses voiles, destination : ailleurs. Jenny aussi demandait à dieu de la transformer en oiseau pour qu’elle puisse voler, loin, loin du moment. Elle sait que je l’observe. Et je sais que jamais je ne l’atteindrai. Elle porte l’été à merveille. Sa peau douce et basanée me rappelle nos cornets de crème glacée dégoulinants sous cette chaleur d’hier. Une jolie robe fleurie qu’elle laisse valser au gré du temps recouvre son corps, laissant sans défense ses interminables jambes. Je nous revois face aux moqueries, résistant main dans la main. Déjà, nous étions incompris. Moi, je n’y arrivais pas. Forte et accompagnée de ses deux lulus, elle me prenait la main devant tout le monde et se pavanait en sautillant comme si de rien n’était. Et puis un jour, j’ai laissé tomber sa main. Son cœur. Notre boule à la vanille. Et même nos dessins. Je l’ai laissé seule face au monde pour une partie de ballon chasser. J’ai humidifié son ciel bleu, assombri ses yeux et laissé couler sa naïveté en courant au loin vers mille chemins et un destin à mille lieues.

Les garçons ont peur de ces filles… inaccessibles, fortes et au premier amour vagabond.

 

Aout 2012

 

Octobre ne meurt jamais

à lire en écoutant Higher Love de James Vincent Mc Morrow, sur repeat

 

L’été se meurt sous les nuits fraîches, en regardant le peu qui lui reste partir au vent. Une trajectoire aléatoire, un pas à la fois, les feuilles suivent le chemin du Nord pour s’éteindre.

Il marche en direction de demain. De cette façon, il oublie un peu hier et flirte avec le présent, sans penser aux conséquences du moment. Une paire de bottes, un foulard, des bas de laine et un petit veston l’accompagnent contre ce premier froid. Un froid d’automne. Sournois, imprévisible, mais incontournable. Il s’annonce sous la brume et un voile gris menaçant, pour finalement prendre son envol au gré d’un courant d’air rempli d’humidité. Une pluie fine et glaciale se laisse tomber. La gravité du moment. Et puis, à l’instant où ses mains nues et sèches ne supportent plus les caprices d’octobre, le soleil perce l’amure de cet instant sans souvenir possible, pour laisser place au sublime : « d’un simple coup de bâton, le voyageur écarte cette mer de brume ». Une éclaircie. Une lumière céleste. Elle s’immisce dans l’intimité des branches pour lui parvenir sous la forme de fragments. L’éclat naturel embellit l’état de tout ce qui l’entoure. L’arbre en plein changement devient soudainement un somptueux tableau de l’époque romantique. Les feuilles qui ornent cette romance enchantent l’image du paysage, charment les marcheurs, séduisent l’amour et inquiètent l’homme dans sa création et son imagination limité. Il sort de sa poche intérieure une paire de vieilles lunettes. Couvre ses yeux. S’émerveille. Puis, il s’immobilise. Plus un son. Il ferme ses yeux pour mieux apprécier la beauté du moment. Un tourbillon de feuilles s’anime à ses pieds, un écureuil recueille des provisions, un chien se fait promener. Un rayon d’espoir caresse sa joue et du coup réchauffe son âme, mais ses mains demeurent froides, pour s’assurer que son cœur ne s’éteigne jamais. Il sent une présence. Légère. Il n’ose pas se retourner. Elle n’ose pas s’avancer. Il tend la main. Un gant blanc la recouvre. Un gant blanc qui s’imprègne autant par sa chaleur que par son odeur. D’un commun accord, ils entament une marche. Une marche qu’on n’oublie pas. Une marche de non-retour. Une marche d’une vie. Ils ne savent pas où ils vont. L’itinéraire est secondaire, autant que les mots. Ils traversent la rue Québec. Survolent le temps. Disparaissent dans la pureté d’octobre. Plus ils avancent, plus le gant blanc glisse dans sa main. Ils ne croient pas en demain, mais le présent meurt chaque seconde pour laisser place aux regrets. Ils atteignent Dominion. Il ne reste plus qu’une page au livre et tous deux refusent de la lire. Il se tourne pour apercevoir son visage et au même moment elle se retourne pour disparaître. Il tente de la retenir, mais le mois de Cabrel lui rappelle qu’on a tort d’essayer. Sa main glisse et lui laisse le gant. Ses cheveux restent en suspens. Et puis, elle reprend son chemin seul… C’est l’automne

 

Octobre 2012

Cette semaine, les matins sont plus distants et le thé insuffisant. Je lis plus lentement et je sors du lit par fragments. J’accorde du temps à des gens que je ne considère même pas. Lorsque tu commences à douter de toi, tout le reste prend plus d’importance ; les messages non lus, ton stage non rémunéré dans une classe en difficulté, ta mère qui te rappelle continuellement que tu es encore célibataire, les gars qui ne te rappellent jamais et ceux qui n’acceptent pas le refus, tes seins trop petits, le réconfort dans les yeux des autres, ta copine qui ne t’attire plus et tous les petits maux qui s’empilent contre la porte de ta chambre et t’empêchent de sortir du lit.

Cette semaine, les matins sont plus distants et le thé insuffisant, mais heureusement pour moi « cette semaine » se présente une fois par année et toujours au même moment. Je sais comment l’accueillir et la laisser partir. Chaque fois que l’hiver se dévoile, mon corps se crispe. Ma peau s’assèche. Mon cœur se serre. Mon énergie s’évapore et je doute. Est-ce que j’aurais dû faire la maîtrise ? Pourquoi mes projets n’avancent-ils pas plus rapidement ? Pourquoi continues-tu d’aller dans les mêmes soirées avec des gens qui ne te font pas cheminer ? Qu’as-tu accompli ? Pourquoi fais-tu l’amour à des filles qui ne t’attirent pas ? Pourquoi nos souvenirs sont-ils la seule chose qui nous reste ?

Plus tôt cette semaine, ma mère nous a écrit à mes frères et moi pour nous annoncer que la demande de parrainage pour un membre de la famille avait finalement été acceptée par le gouvernement et qu’il serait parmi nous durant le temps des fêtes. Ma mère qui a fui un pays en guerre pour élever trois garçons seule dans un pays en neige continue aujourd’hui à faire des sacrifices et à nous supporter même quand les matins sont plus distants et le thé insuffisant pour elle. Parfois, c’est difficile d’appeler ma mère et de parler de finances, de mes relations ou de lui expliquer pourquoi je travaille dans un bar même avec deux diplômes universitaires, et ce pour me permettre de finir l’écriture d’une télésérie, d’un roman et d’un EP. J’ai la chance d’avoir un support inconditionnel de ma famille et de mes amis. Un support qui me permet de me remettre en question, de réfléchir, mais jamais de douter de leur amour ni du mien.

Je sais que ce n’est pas donné à tous d’avoir un nuage gris au-dessous du cœur qui ne dure qu’une semaine ou d’avoir un système de support aussi solide, donc voici une note que je m’étais écrite un soir que j’étais fatigué :

Donne-toi le temps et le droit
De soupirer des pleurs noirs
De dire non aux autres et oui à la fois
Embrasse le temps et tes erreurs
Mesure le fruit de tes pleurs
Regarde-toi, aime-toi et prends soin de toi

Hier encore (il avait 20 ans)

Il regarde l’heure pour mesurer le temps entre lui et demain.

Étendu sur ce sol quelque part au sud de Göteborg.

Une voix familière se fait entendre :

— Tu ne regardes plus son archipel ?

– J’ai tenu pour acquis trop rapidement cet endroit

— C’est notre dernière fois

– Je t’attendais

Il se lève et cherche son visage.

Une mèche glisse sur ce vent imprévisible.

Cachant partiellement ses lèvres, sa peau et sa paupière.

Une étoile en plein jour assiste à la scène.

Des éphélides fleurissent sur son visage au gré des radiations.

– Pourquoi me regardes-tu ainsi ?

– Pour ne jamais te prendre pour acquis

– Comment j’étais habillée à notre première rencontre ?

En continuant de l’observer sachant que c’est la dernière année qu’ils se retrouvent

– Tu portais une robe avec deux attaches dans le dos

rayée bleu et blanc, sans souliers et avec une bague

recouvrant entièrement ton index droit

– Et qu’est-ce que tu m’as demandé ?

– De revenir l’année prochaine à la même date, au même lieu avec. une histoire, un voyage et le même sourire

– Je suis revenue chaque année depuis, mais je ne veux ni d’adieu ni de correspondance, on se quittera comme on s’est rencontré… sans histoire, par amour du départ, alors voici mon dernier récit : Il ne m’a jamais dit son nom. Il disait que cela permet de garder cette distance et ce mystère qu’on perd avec le temps. On s’est rencontré vers 2 h 15 entre la folie des bars et le début des messages qu’on regrette au réveil. On attendait chacun ce taxi. Je lui ai demandé naïvement où il allait sans vraiment prêter attention à ma présence. Il m’a répondu à l’aéroport.

– Tu quitte à cette heure-ci ?

– Et c’est quoi la meilleure heure pour un départ alors ?

– Tu as raison, l’heure n’importe peu… et pourquoi tu quittes ?

Il m’a regardé en riant, tout en m’ouvrant la porte du taxi et me suivant juste derrière

Octobre 2013

Réminiscence d’un présent enfouie sous ce doux tapis

Une terre promise, deux états

Une terre d’accueil glaciale, sans voie

Un regard, une vision, une histoire blanche comme cette pluie

 

Décembre 2012

Mal

Mal comme X

Mal comme boro

Mal comme le sexe

Mal comme un fou

Mal comme nous

Mal comme un bobo

Mal pour paraître

Mal comme Vick

Mal comme l’Afrique

Mal comme l’être

Ou simplement mal pour que le bien existe

Ou simplement mal comme J. Cash et on persiste

 

Janvier 2012

1:13am

À lire en écoutant: take a fall for me de James Blake feat RZA

(…) un regard bleu, un regard qui te noie, te rappelant ce vent léger d’été Elle regarde le temps glisser sur l’instant, sur son écran, sur mon visage grave de 1 :13 am Seul au milieu de ces gens, de ce bruit vide et de ces images forcées, ma gravité flirte avec ces quelques onces restantes, contemplant ce corps sans appétit Un corps qui ne te quitte jamais Je bois pour me distancer du présent, prétendant que ce qui suit (que l’état) consent au plaisir, même à ces heures que la nuit refuse, 1 :13 am Je la regarde qui quitte lentement, je l’observe qui disparaît silencieusement, je la vois qui délaisse délicatement cet instant, sans considération, à une heure que même la lune n’éclaire plus, 1 :13 am

 

Avril 2013

Un fou chantait que les arbres rares perdent leurs feuilles

Au même moment, une mélodie racontait que son seul défaut c’est de t’aimer

Et moi, et moi, pendant cet instant, je courais après le temps par orgueil

Ayant peur de devenir un monstre n’ayant pas assez voyage

 

Novembre 2012

Et si être une femme n’était pas que ça

 

Un corps. Des seins. Une légèreté. De longs cheveux. Du vent. Un été et sa démarcation. Un automne et son foulard. Une sensibilité. Un oublie de soi. Un soupçon de naïveté ou de l’amour en trop. Demain. Aujourd’hui. Tout le temps. Des paillettes et une voix. De l’hypersexualisation. Une semaine de trop par mois. Un viol. Un manque de force. Des larmes. Être une maman. Est-ce que ça se lave ensemble ? Qu’est ce qu’on mange ? Je te déteste. J’ai tué ma mère bien avant que Dolan ne le fasse. J’ai longtemps souhaité ne jamais avoir de filles parce que je sais comment un gars pense et comment les filles l’acceptent à tort. Ma mère qui s’est exilée avec trois garçons dans un pays où il fait froid même l’été m’a tout simplement répondu : commence par avoir une blonde et ensuite tu penseras aux enfants. Je ne suis pas membre des défenseurs des droits de l’homme, mais quand je vois des femmes choquées par un voile prétextant un manque de liberté et que de l’autre côté elles acceptent d’entendre leur conjoint prétendre que les hommes conduisent mieux que les femmes, ça me chicote un peu. Peu importe la religion, l’état, l’heure, la couleur, la saison, il me semble que la femme n’est pas que ça non ? Merci à la petite fille dans le métro qui a répondu à ce monsieur en prenant parole pour tous ceux qui n’osent plus défendre leur mère, leur sœur, leur cousine, leur fille ou leur premier amour… Un vieux monsieur surpris par l’arrêt brusque du métro s’exclamait et prétendait que c’était une autre femme qui conduisait mal. La petite fille le corrigea : savez-vous qu’il y a un centre de contrôle où travaillent probablement des messieurs ? Monsieur

 

Juin 2014

Maxim

 

Elle n’a pas un beau visage, mais son corps compense

Elle est habillée comme une agace

Je veux voir ses seins

Je la prendrais par en arrière

Je m’en fou je sais qu’elle va revenir

C’est sur qu’elle fait juste l’étoile est plate

Elle couche avec n’importe qui

Add la, elle envoie ses seins sur snap

Quoi ? Tu n’avales pas ?

Tu as gardé ses photos, montre-moi

Elle se fait mettre dans le cul, c’est correct

Pas besoin de l’aimer

Tu t’es pogné une grosse, c’est dégueu

Ca gosse est toujours insécure

Elle suce que trop bien

Elle est bonne

Elle ne se rase pas, je te jure touche pas à ça

Elle a encore saigné sur mes draps est sale man

Elle était saoule, mais ce n’est pas grave

Je l’aime pu, mais elle fait toute

Elle est tellement conne

Je te jure quelques compliments et tu la penches

Elle n’a pas de cul, c’est laid

Ouain, mais elle montre ses seins sur insta, c’est sur stune pute

Je m’en criss d’elle

Check son cul

Je te jure je la défoncerais sans respect

Ton amie l’a fait vas’y

Crache-lui dans nez, elle aime ça

Les filles sont fragiles

Elle check toujours mon phone est folle

Sa chatte est bonne

 

 

Maxim partie 2

 

Je suis né avec le bon sexe ou plutôt le sexe facile

Pas la bonne couleur pour un emploi, mais pour la curiosité de ta copine
 la taille est retenue

Je suis né avec le bon sexe ou plutôt le sexe facile

Pas pour pleurer, mais pour uriner contre le vent,
diriger une entreprise, remplir un stade ou
te violer dans une ruelle

Je suis né avec le bon sexe ou plutôt le sexe facile

Dans l’interprétation des textes sacrés

Ou dans ton choix de contraception

Je suis né avec le bon sexe ou plutôt le sexe facile

Aucuns frais pour chacun de mes cycles

Aucune censure pour mon torse

Je suis né avec le bon sexe ou plutôt le sexe facile

Pour pénétrer ton corps et ton cœur

Pour te regarder donner la vie

Je suis né avec le bon sexe ou plutôt le sexe facile

Pour marcher seul la nuit

Pour courir comme un homme

Je suis né avec le bon sexe ou plutôt le sexe facile

Dans ma sexualité et mon regard sur la tienne

 

J’ai écrit et j’écrirai encore sur le sujet parce que les choses changent lentement. Je suis inquiet de voir les femmes se restreindre elles-mêmes dans leur sexualité, leur liberté, leur corps, leurs idées, leur ambition et toutes ces autres choses qui les composent. S’il est vrai que la société vous ralentit encore, ce n’est pas une raison pour arrêter. Si certains hommes sont confortables et soutiennent le concept d’être né avec le bon sexe ou plutôt le sexe facile, plusieurs marchent avec vous parce que ce n’est pas une journée uniquement pour la femme, c’est une journée pour l’humanité.

À toi petite qui n’avait pas compris la première partie

 

8 Mars 2016

Amour moderne

 

 

Un saut à la corde. Une coccinelle s’égare sur sa salopette. Un rouleau aux fruits. Un sourire sucré. Une longue tresse française s’étend dans le temps, suivant ses pas, suivant sa joie, traînant toujours de la patte, contemplant le moment. Et moi qui regarde l’instant, et moi qui… regarde l’instant comme jamais auparavant. Un amour pur, un amour qui dure l’instant d’une récréation. Et puis, un corps. Une forme. Un état. Une quête, le besoin, le changement. L’influence. L’affinité remplace sournoisement l’indifférence. Le fil de métal tombe, une confiance se lève. Disney tend Le flambeau à the OC. Nouveau standard, nouvelle « réalité ». Un appel, toujours la même heure, une histoire, un moment, les yeux ne participent pas, le contact est différent. Le désir cherche autre chose.

 

Janvier 2013

Géométrie cachée

J’ai couvert tes plaies avec du vin de dépanneur

Les cicatrices étaient ouvertes bien avant que je ne quitte

Je ne peux pas t’apprendre à aimer ton corps

Surtout si tu blâmes la société pour les standards

 

Je la regarde se couper les cheveux, une cigarette à la bouche. Elle porte une jupe sans couleur. La texture me rappelle la trajectoire aléatoire des goulettes sur les fenêtres assoiffées du mois de juillet. Son parfum s’assoit sur l’odeur du café. Elle m’expliquait qu’il ne faut jamais s’habiller complètement avant 8 h sinon, on n’apprend jamais à s’aimer à la lumière du jour. Je ne sais pas trop pourquoi j’attire les filles au style vestimentaire étrange. Je ne sais pas non plus pourquoi elles ont toutes 1000 abonnés et plus sur Instagram. On ne voit jamais vraiment leur visage et ce ne sont pas celles qui prennent de jolies photos en voyage. Non. Elles préfèrent la géométrie cachée d’une salle de bain abîmée. Elles aiment le jaune et les vieux vêtements qui recouvrent partiellement le corps. C’est comme ça que mon été a débuté. Dans un appartement près du parc Laurier. Où les gens font l’amour la porte ouverte, mais s’habillent les lumières fermées. Elle est née en République tchèque, mais elle a grandi en France. Les étés étaient en Grèce, puis en Italie et ensuite elle a fait 4 ans aux États-Unis pour apprendre l’anglais avant de finalement arriver à McGill pour ses études universitaires. Comme tous les étudiants étrangers, ses parents sont des diplomates d’un pays corrompu, donc elle n’a pas besoin de travailler. Malgré ses efforts pour dissimuler sa féminité sous de vieux souliers blancs et sales qui autrefois étaient le fruit d’une collaboration entre Adidas et Simon au pluriel. Elle me rappelle Audrey Hepburn.

 

Il faut savoir se définir autrement. Ma peau est collante et mes couilles se demandent encore pourquoi je porte des shorts en jeans. On est au 3e étage d’un appartement à Montréal. Tu fais quoi de ton été Jess ? Tu fréquentes qui ? Honnêtement, même si je t’expliquais tu ne me croirais pas. Pas que ce soit extraordinaire ou invraisemblable, mais je m’en criss. Il y a longtemps que je sais ce que tu dis sur moi. Même les gens avec qui tu passes le plus de temps finissent par ne plus te connaître. Je regarde un ami découvrir l’amour pour la première fois et tous les autres redéfinir le leur pendant qu’un autre doit avouer qu’il la trompe depuis deux ans (ne te fâche pas, mais je crois que c’était nécessaire qu’il aille voir ailleurs et il te pardonnera même si selon toi, c’est lui qui est dans l’erreur). C’est faux de croire que je n’ai jamais aimé. En fait, je n’aime pas comme toi. Pour être franc, je m’aime plus que j’aime l’autre. Le problème dans ce genre de contexte c’est que tu te perds dans l’éphémère. Je sais ce que je dis, j’ai passé tellement de soirées à sortir juste au cas. Au cas où elle serait là. Au cas où la soirée serait incroyable. Au cas où je dormirais seul. À force d’avoir peur de rater une soirée, j’ai raté tout le reste. Tu vois maintenant, je m’assois avec des amis par habitude. Je vis au travers de nos souvenirs. On n’a plus rien en commun, mais on s’accroche encore un peu. Je sais, c’était quoi mon rôle. Tu vois, les gens m’ont toujours demandé de me définir entre deux cultures, entre les amis sur Rostand et ceux du quartier, entre Brel et Wyclef, entre une ex de mon ami et mes valeurs ou entre une vie blonde au bord de l’eau et jouer aux billes au parc Goyette en dansant comme Roger Milla. Mon amie d’enfance a accouché et je ne suis pas encore allé la voir parce que j’étais probablement trop hangover suite à ces soirées qui se répètent avec des gens qui ne te font avancer que vers l’arrière.

 

L’erreur est de vouloir reproduire un moment du passé en rassemblant le plus d’éléments formant ce souvenir. Il faut avoir un projet, une idée ou quelque chose à quoi s’accrocher autre que la personne qu’on aime ou le diplôme que papa va encadrer.

Donc voilà ce que j’ai fait de mon été jusqu’à présent (ce qui se raconte) :

 

Je me suis couché trop souvent en même temps que le lever du soleil

Je suis tombé amoureux d’une Américaine, mais je ne l’avouerai jamais

J’ai touché à de faux seins pour éviter un vrai contact

Je l’ai fait pleurer sous la pluie pour ne pas voir ses larmes

J’ai appris à nager

Entre tes jambes aussi

J’ai ri

Beaucoup

J’ai dansé

Pas suffisamment

J’ai pris ton numéro, sans t’appeler

J’ai acheté des billets d’avion pour ne pas partir

J’ai senti des mangues au marché comme si je savais ce que je faisais

 

J’ai écrit

J’ai travaillé en veston

J’ai appelé maman

Je ne me suis pas encore inscrit à la maîtrise

J’ai fait l’amour à vélo

J’ai écouté Pablo sur le bord de l’océan en attendant Frank qui n’est jamais venu

J’ai assisté à une pièce de théâtre seulement pour dire que j’y étais

J’ai croisé Jennifer Lawrence

Je n’ai pas dit : je t’aime, mais qu’est-ce que tu fais ce soir ?

J’ai commencé à travailler sur mon projet le plus important : moi

Et comme tu peux le voir, tout mon été commence au « je »

 

26 juin 2016

~ ~

Le portrait d’un esthétisme moderne

Les traits d’un idéal imaginaire

Peint par un manque d’identité

Via un médium vide et terne

Un individualisme commun

Surplombe la quête et l’idée

Un brin de folie, une pensée meurtrière

Modélise cette vie et ces mots importuns

 

Janvier 2013

Au tournant de l’instant, une bouche entre-ouverte, une cigarette brûle le temps, consume le moment… elle se dresse contre la nuit, expire une photographie, une fumée blanche virevoltante, s’enflammant sur ce court instant pour finalement disparaître, s’éteindre dans l’oublie… au travers de la vitre, j’observe cette main, ce semblant de bourgeoisie jeter au vent le restant d’une image déjà embrasé… j’aime ce corps sans appétit et mal qui porte une idéologie…

Je capture la beauté du moment sans filtre…

 

Mars 2013

Douce ignorance

Une soirée mondaine sans invitation formelle (où le vin est blanc, les robes noires et les lèvres rouges comme sur ces veilles photographies des années folles) fracture l’esprit en désirs et récolte les cœurs oubliés. En fond d’écran, l’amour a comme prémisse l’ignorance et la nuit tente d’être consumée avant que le jour ne l’imprègne de regrets. Et moi, au milieu de cette translation, je comble le vide tandis qu’elle charme les yeux avec cette élégance partiellement effacée par un sourire fragile. J’en profite aussitôt pour lui susurrer à l’oreille une projection idyllique. Au final, je partirai avec une autre, m’étant lassé au fil du temps et des étés trop courts, lui laissant dans l’idée que cet idéal est inatteignable et un nez qui par habitude s’est mis à saigner dans les salles de bain des soirées mondaines, pour s’assurer de ne plus avoir ce sourire fragile et cette ignorance.

 

Tous les mêmes

 

Mars 2014

5:27

5 :27. Je n’arrive plus à dormir et la seule chose que j’ai en tête c’est la femme.

J’aime la femme, même celles qui ne s’aiment plus
Je l’aime trop, je l’aime tous les jours et en après-midi
J’aime la femme lorsqu’elle me parle et que je l’écoute
J’aime sans pouvoir lui dire, sans savoir comment
Je l’aime vraiment, tout simplement et trop
J’aime son nez trop long
Je l’aime quand elle porte la vie et je l’aime sur toutes les voyelles
J’aime la femme, je l’aime sous mes larmes
Je l’aime dans l’avortement et dans ses choix
Je l’aime, vraiment
J’aime la regarder
J’aime ses plis et ses regrets, je l’aime pour moi, je l’aime pour toi
Je l’aime sans mots

J’aime la femme, je l’aime trop… vraiment

Je l’aime tous les jours, même ceux qui n’arrivent jamais
J’aime la femme même celles qui ne s’aiment plus
Je l’aime trop, je l’aime sans qu’elle me le demande
J’aime la femme, je l’aime sous mes larmes
J’aime sans pouvoir lui dire, je l’aime tous les jours
J’aime la femme en après-midi
J’aime la femme quand elle me parle et que j’arrive à l’entendre
J’aime la femme qui pleure en silence pour les autres

J’aime la femme lorsqu’il pleut

J’aime ses plis et ses regrets, je l’aime pour moi, je l’aime pour toi
J’aime la femme, tout simplement et dans mes éclats
Je l’aime lorsqu’elle dort,

Je l’aime trop, je l’aime tout le temps

J’aime la femme entre chacune de ses voyelles

J’aime la femme, j’aime ses seins, ses joues et tous ses étirements de peau

J’aime

J’aime la femme, même quand on ne s’aime plus
Je l’aime vraiment et je ne sais même pas comment

Je l’aime souvent trop tard

Je l’aime sans lui dire, et en silence

J’aime la femme,

5 : 28. Voilà comment je retrouve le sommeil, comme s’il fallait que je me rappelle pourquoi j’aime la femme.

Un corps du soir comble les idées,

la nuit n’oublie pas, et le jour nous distrait

Un corps mal danse sous les projecteurs éteints,

la solitude charme les âmes perdues

Et elle dort, et elle dort…

 

Mai 2013

On a tous rêvé de sauver ce 1/3 en souriant à cette vie blonde

Mais c’est pour se sauver soi-même que l’on veut recréer le monde

 

Avril 2012

Les aventures de Max sans couleur

 

Chapitre 2 : L’origine du monde

 

J’ai trente minutes pour t’écrire et tu n’as probablement pas envie de me lire, mais fais un petit effort, ça pourrait être intéressant. Cela fait maintenant trois mois que je ne me masturbe plus devant de la pornographie sur internet. C’est un peu étrange comme introduction et je ne sais pas si cela aura réellement un lien avec la suite, mais je tenais à ce que tu le saches, au stade où nous en sommes rendus dans notre relation. J’étais en deuxième année et ma plus grande préoccupation c’était de trouver le moyen de me procurer une chemise dragon avec des flammes. C’était à l’époque du ballon chasseur et des rouleaux aux fruits. Il y avait encore de la neige dans la cour de récréation, alors on nous obligeait à mettre des bottes. J’étais fâché puisque visiblement je ne pouvais pas courir aussi vite qu’avec mes nouveaux souliers (nouveaux souliers = augmentation de la vitesse). On jouait au diamant et je venais de me faire éliminer. Je ne me faisais jamais éliminer. C’était clairement la faute de ces maudites bottes, mais sans elles je n’aurais jamais eu la chance de rencontrer Kassandra. Dans la vie, on ne choisit pas l’odeur de l’été, la rotation d’un nénuphar, ni la trajectoire de notre jet lorsqu’on urine avec une érection. J’ai été chanceux, Kassandra m’a permis d’être hétérosexuel, mais elle n’a rien pu faire pour la couleur de ma peau. En deuxième année, j’ai réalisé que j’étais noir et que j’aimais cette fille blonde autant qu’elle, elle aimait les crayons de gels. Notre relation a duré 2 semaines. Si j’actualise cette période, ça pourrait représenter 5 ans aujourd’hui. Elle s’intéressait à la couleur de ma peau et moi à celle de ses cheveux. Elle voulait voir mon sang, toucher mes cheveux et moi je voulais prendre sa main. On partageait des pattes d’ours et nos dessins. On n’avait aucune idée des moqueries que cela pouvait susciter chez les autres, puisque si personne ne nous avait dit que nos différences pouvaient être un problème, on aurait fini par croire qu’on était semblable. La semaine dernière, j’ai revu Kassandra pour la première fois depuis la deuxième année. Elle avait dû changer d’école pour des raisons personnelles et retourner vivre avec sa mère. J’ai fini par apprendre qu’elle avait été victime d’agression sexuelle par son père. Je n’ai pas reconnu Kassandra sur le coup. Elle a maintenant des cheveux noirs, deux enfants et aucun diplôme d’études secondaires. Nous sommes allés dans une école défavorisée. Quand on est jeune, on ne le sait pas que notre amie ne déjeune pas. On ne sait pas que son père est alcoolique. On ne sait pas pourquoi elle pleure souvent en regardant les nuages disparaître. On ne sait pas pourquoi elle n’aime pas se faire prendre la main. Je t’écris parce que la semaine dernière, il y a eu des morts au Kenya, comme il y a des milliers de morts chaque semaine en Afrique dans une totale indifférence. Je ne sais pas pourquoi je t’écris en fait. Qu’est-ce que tu peux faire en ?

Ce sont des vies noires et on sait tous qu’elles ne valent rien. Savais-tu aussi qu’une femme sur trois serait victime d’agression sexuelle ? Je ne sais pas pourquoi je t’écris. Qu’est-ce que tu peux faire en ? Ce ne sont que des femmes après tout. Sais-tu combien de gens de ma classe de deuxième année ont terminé leur secondaire ? Sais-tu combien on eu la chance de s’imaginer aller à l’université ? Juste s’imaginer. Je n’ai pas l’habitude d’être aussi lourd. Je m’excuse. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait un parallèle entre l’Afrique, la femme et l’origine du monde.

 

Avril 2015

Sous les brumes, les oiseaux roses habillent la noirceur
Pour que nous puissions oublier de trouver un coupable
À nos hypocrisies, nos douleurs et nos inconstances
C’est normal de vouloir mourir au soleil
Même si plusieurs meurent dans l’indifférence
Sous les éclaircies les oiseaux gris soupirent l’aurore
Pour que nous puissions croire les victimes

Quelle est la texture du monstre sous ton lit
Celui qui t’empêche de laisser traîner ton pied
Où nous ont menés tous les sauts entre les dalles d’asphalte
Pour éviter les crevasses de la rue et les jours de pluie
Est-ce que nos peurs ont un jour aimé
Pourquoi nous attendent-elles au bas des escaliers
Et jamais au sommet des crayons feutres lavables

Mia-Rose

Mia-Rose ne porte pas de soutien-gorge ni de jugement sur ce que tu manges

Elle ne fait jamais l’amour à jeun ni de fellation sans rouge à lèvres

Whisky and Cranberry juice over ice dans ses Levi’s jeans

Elle Lindsay Lohan la pharmacie de sa salle de bain

Et puis complète seulement avec un eye-liner

Mia ne croit pas en la mort

Puisqu’il faut des idées pour vivre

Et les gens n’ont que des opinions

Elle me demande si je crois en quelque chose

Autre que le corps, le hasard ou une genèse improbable

Elle me permet de déposer ma langue sur ses lèvres de Vénus

Comme une représentation de l’index d’Adam fait par un Ange sur une fresque

Sa vision de l’amour écarte toute idée d’appartenance
ou de réciprocité quelconque

Il faut aimer sans rien demander ni exiger de l’autre

Sans « mais », sans contexte ni idéologie

Mia-Rose ne ressemble à aucune photo

Puisqu’elle n’entre dans aucun cadre

Elle est trop intoxiquée pour être dépressive

Whisky and Cranberry juice over ice dans ses Levi’s jeans

Whisky and Cranberry juice over ice dans ses Levi’s jeans

Sa sœur est en kin pour entrer en médecin ou quelque chose comme ça

Tu vois le genre de cheminement ?

Elle peut être aussi du type à se faire deux tresses françaises au bord de la piscine

En écoutant Travis Scott ou en regardant Ian redéfinir l’identité perdue de la jeunesse

Parce que c’est un mouvement de jeune noir américain qui la rejoint particulièrement au bord de sa piscine

Et son frère est en admin parce qu’il n’a aucune idée

Il se sent bien dans ce milieu uniforme qui lui ressemble

Il porte sûrement des souliers Nike comme tout le monde et écoute de la musique électronique, tu vois un peu le genre ?

Mais c’est le parcours de Mia qui inquiète ses parents

Finalement, mon été se termine en regardant Mia-Rose faire une overdose sur une société qui ne lui ressemble pas étendue sur un toit en plein cœur de la ville

Au moins, la trame sonore était parfaite

 

Merci à Blond, Birds in the Trap Sing McKnight, Prima Donna, Coloring Book, A.I.M, The life of Pablo et tous les autres

 

*Lire la première version avant celle-ci *

 

Max analyse Maline

Mia-Rose ne porte pas de soutien-gorge ni de jugement sur ce que tu manges

« Le nom Mia-Rose semble être une référence à l’artiste controversée M.I.A, mais également à Lily-Rose, fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp, Maline présente le personnage comme étant une femme libre et émancipée se distançant du débat alimentaire et en quelque sorte de la société »

Elle ne fait jamais l’amour à jeun ni de fellation sans rouge à lèvres

« Maline présente Mia-Rose comme étant un être troublé qui a de la difficulté à faire face à ses sentiments, en se cachant derrière ses consommations ou derrière des contextes superficiels »

Whisky and Cranberry juice over ice dans ses Levi’s jeans

« Description d’un cocktail alcoolisé et d’un accoutrement classique On peut y voir une référence à Coordinate de Travis Scott »

Elle Lindsay Lohan la pharmacie de sa salle de bain

Et puis complète seulement avec un eye-liner

« Maline tente de comparer ses problèmes de consommation à ceux de Lindsay Lohan et banalise ensuite la préparation en faisant référence à un maquillage simple »

Mia ne croit pas en la mort

Puisqu’il faut des idées pour vivre

Et les gens n’ont que des opinions

« Maline fait encore une fois référence à ce vide collectif dans la société, ce manque de créativité et d’audace qui donne l’impression que les gens n’osent pas vivre et aller au bout de leur idée, mais ne font que critiquer ce que les autres font »

Elle me demande si je crois en quelque chose

Autre que le corps, le hasard ou une genèse improbable

« Maline aborde la question de la spiritualité en opposant la religion, la science et l’être humain dans sa quête de réponse »

Elle me permet de déposer ma langue sur ses lèvres de Vénus

Comme une représentation de l’index d’Adam fait par un Ange sur une fresque

« Maline oppose la création d’Adam peinte par Michel-Ange a un cunnilingus sur Mia-Rose qui pourrait représenter la création de l’humanité (la genèse) via les lèvres de Vénus (le vagin) »

Sa vision de l’amour écarte toute idée d’appartenance ou de réciprocité quelconque

Il faut aimer sans ne rien demander ni exiger de l’autre

Sans « mais », sans contexte ni idéologie

« Maline utilise Mia-Rose pour présenter une vision de l’amour qui exclue plusieurs concepts de base comme la fidélité (monogamie), la réciprocité des sentiments et l’obligation de respecter certaines mœurs prédéterminées par une religion ou les coutumes d’une société »

Mia-Rose ne ressemble à aucune photo

Puisqu’elle n’entre dans aucun cadre

Elle est trop intoxiquée pour être dépressive

« Mia-Rose semble être un personnage marginal qui est à l’écart dans une société et qui consomme pour se libérer de cette peine »

Whisky and Cranberry juice over ice dans ses Levi’s jeans

Whisky and Cranberry juice over ice dans ses Levi’s jeans

« Description d’un cocktail alcoolisé et d’un accoutrement classique On peut y voir une référence à Coordinate de Travis Scott »

Sa sœur est en kin pour rentrer en médecin ou quelque chose comme ça

Tu vois le genre de cheminement ?

« Maline utilise sa sœur pour dépeindre un système d’éducation défaillant Un système qui encourage certains métiers sans raison et qui poussent les gens à tenter d’accéder à cette classe de la société (contingentée) à tout prix »

Elle peut être aussi du type à se faire deux tresses françaises au bord de la piscine

En écoutant Travis Scott ou en regardant Ian redéfinir l’identité perdue de la jeunesse

Parce que c’est un mouvement de jeune noir américain qui la rejoint particulièrement au bord de sa piscine

« On présente le hip-hop comme étant la nouvelle pop, malgré le contraste important entre les artistes qui sont souvent des noirs américains dépeignant une réalité crue et difficile et ses jeunes filles blanches occidentales qui consomment la musique dans les quartiers aisés au bord de leur piscine. Il y a également une référence à Ian Connor symbole d’une jeunesse en quête d’identité et qui s’identifie à un style vestimentaire marginale et expérimentale promu grâce aux différents réseaux sociaux, mais encore une fois teinté d’un vide collectif ».

Et son frère est en admin parce qu’il n’a aucune idée

Il se sent bien dans ce milieu uniforme qui lui ressemble

Il porte sûrement des souliers Nike comme tout le monde et écoute de la musique électronique, tu vois un peu le genre ?

Mais c’est le parcours de Mia qui inquiète ses parents

« Maline critique encore cette uniformité générale dans la société et cette quête d’identité sans saveur et qui encourage souvent les métiers traditionnels au détriment d’une vie plus marginale comme celle de Mia-Rose qui est probablement une artiste »

Finalement mon été se termine en regardant Mia-Rose faire une overdose sur une société qui ne lui ressemble pas étendue sur un toit en plein cœur de la ville

« Maline termine en banalisant la mort de ce personnage qu’on ne sait pas vraiment s’il est symbolique ou s’il fait référence à une vraie personne qui finit par suffoquer dans une société qui ne lui ressemble pas »

Au moins la trame sonore est toujours parfaite

Merci à Blond, Birds in the Trap Sing McKnight, Prima Donna, Coloring Book, A.I.M, The life of Pablo et tous les autres

« Finalement Maline présente les albums marquants de son été et de son aventure avec Mia-Rose en commençant par l’album tant attendu de Frank Ocean »

 

 

Novembre 2016

Lost in Translation

Il neige. Un vent du nord écorche mon visage. Je baisse la tête. Je tourne le dos, mais le froid insensible continue de brûler toutes les parcelles laissées à nu. Maman disait de me vêtir pour contempler le temps qui glisse sous un flocon, mais il y a longtemps que par orgueil mon nez coule. Un couple me devance (un homme et une femme continuant ensemble par manque de force) et discute sans considération et pour ceux qui n’ont plus de voix:

– Nous avons dansé qu’une seule fois ensemble

– Et puis ?

– Avoir su je ne t’aurais jamais épousé

 

Février 2014

Sous ses pieds, la péninsule se détache

Il faut partir, car ceux qui restent… se rappellent

Sous ces ciels de demain, une histoire meurt

d’un départ, car ceux qui restent… attendent la fin

 

Juin 2013

Le beau

Je suis de ceux qui croient qu’on ne naît pas mauvais, mais laid. C’est difficile de défendre un concept de surface et si simple en même temps puisque c’est l’ère dans laquelle nous vivons. Tu te dois d’être beau puisque ça ne s’interprète pas. L’amour s’interprète. Et c’est là le problème. Certains individus sont incapables de se détacher du moment ou dans ce cas de leurs sentiments. Ton œil, lorsqu’il aime, il n’interprète pas, il voit l’image et recueillie la lumière sans se l’approprier, sans en exiger une réciprocité ou un concept d’éternité. Les âmes sensibles affirmeront à tort qu’on doit définir le concept de la beauté puisqu’il est différent pour chacun. Ce qui est matériel et temporel n’est que complément. La beauté jaillit du laid, c’est de lui qu’elle puise sa simplicité. Le concept n’a de forme ni de couleur contrairement à l’opinion publique. Ne crois pas qu’il soit donné à tous. Comme je te disais plus tôt, tout ce qui n’est pas intemporel n’est que complément. C’est ce qu’on appelle la simplicité de la beauté. Ce qui explique pourquoi c’est plus facile lorsqu’on est beau et jeune. Tu ne t’es jamais demandé pourquoi les filles qui vivent au bord de l’eau sont plus belles. Contrairement à la beauté pure, celle qui est simple nécessite un contexte pour exister tel que la jeunesse. L’essence de la beauté ne réside pas dans l’observation intellectuelle et la perception humaine, mais bien dans un frisson d’été, dans un printemps déjà oublié, sous une mélodie qui te fait danser, l’instant d’un baiser, dans les yeux d’une mère, sur le dos d’une vague qui brise la mer, dans la quête d’un petit prince, sur les os d’une fille trop mince, entre la mort et les plis d’un bébé qui dort, dans l’espace laissé vacant par mes mots et sous ton chemisier que je détache pour voir ta peau…

 

Novembre 2014

Coeur de pissenlit

 

 

Ça ne se brise pas des cœurs de pissenlits, surtout que sur son compte Instagram ça dit qu’elle est en design graphique. Il fait trop chaud pour dormir coller et de toute façon je ne mélange plus le vin et les émotions. Je t’avais pourtant dit que je ne savais pas ce que je voulais. Là, je suis assis sur ton balcon avec un popsicle dégoulinant sur une histoire qui n’existe que dans tes scénarios que tu te fais en écoutant, Gilmore Girls. Je déteste ces filles en design graphique. Elles portent toujours des jeans trop hauts même pas ajustés avec de vieux t-shirts et plein de freckles cute sur leur visage et des cheveux attachés à butch parce qu’elles reviennent du marché avec un sac plein de fleurs et aucun fruit. En plus, on ne les voit jamais manger, en fait elles ne mangent pas. Elles ne font que boire de la sangria dans les parcs du plateau et des balades à vélo à des heures que même les drunks textes ne font plus mal. Je déteste comment elles se foutent de tout. On dirait moi dans toi.

 

Mai 2016

57 secondes de story

Pas de capture d’écran svp

 

Elle étudie probablement en commercialisation. Pas qu’elle soit distinguée, mais ses photos la trahissent. Un triangle noircit sa peau à la hauteur de son poignet, Barefoot, Ouisurf… Tu vois un peu le genre. Elle a fait la Thaïlande, le Vietnam et peut-être une partie de la Beauce ou du Costa ce n’est pas clair. J’allais découvrir au courant de cette soirée que ses seins goûtent le vin. Un vin d’été, léger et frais. Un vin qui te donne des frissons te fait danser et t’oblige à mettre un pied hors du lit parce que La Grande Ourse fait des asti backflips sur les anneaux de saturne, mais le réveil est sans amertume et sans sable dans yeule. Il est blanc, nu et parfumé. Si tu lis ceci, c’est qu’on se connaît un peu du moins de vue, de nom ou d’histoires. Je peux me décrire si tu veux, je suis mal, mais un peu moins que toi, j’aime, mais jamais sans vin. On s’est rencontré dans une salle de bain. Je ne sais pas si c’était mixte ou c’était moi qui m’en crissais du sexe. Ne raconte pas la suite parce que certaines personnes seront froissées, un peu comme le cœur des filles qui répondent après 2 h. Tu fais quoi ? Elle s’accroche à tout ce qu’elle trouve sur son chemin à l’aide de sa main droite essayant de s’extirper pendant qu’elle enfonce ma tête entre ses cuisses cette fois avec sa main gauche, son dos forme un arc, ses côtes écorchent sa peau pendant que sa poitrine se dresse, sa respiration est bruyante. Mes mains glissent et s’accrochent à la jonction de ses cuisses et de ses hanches, son corps tremble. Elle crie. Est-ce que tu préfères les filles noires ou les filles blanches ? Ma peau refuse le procès puisque Ferguson a encore les mains en l’air. Je disais qu’il faut faire attention à ce qu’on dit et fait puisque certains n’oseront jamais et attendront que tu le fasses pour porter un jugement. Il neigeait entre nous deux sur cette céramique de salle de bain. Elle me racontait ses voyages et je faisais semblant de l’écouter.

Je suis désolé pour le manque de structure et les fautes.

Pas de capture d’écran svp

57 secondes de story

 

Aout 2014

 

L’homme et un thé à midi

Entre l’art et la science

Entre la consommation et la conscience

Contre la routine pour le risque

Contre le téléchargement pour un disque

Entre le corps et le sport

Entre l’image et le support

Pour l’innovation contre la folie

L’homme et un thé à midi

 

Février 2014

La peur de l’autre

 

 

 

Je ne l’avais jamais vue se soucier si peu de son corps dans l’espace.

Il faut comprendre que ce n’est pas donné à tous d’avoir le souci du déplacement.

Certains lisent les livres pour l’histoire. Elle, c’est seulement pour les mots.

Elles les regardent se suivre, s’entremêler et s’approprier les transitions.

 

Mais aujourd’hui, cet enchaînement est secondaire. Elle marche sans finition. Même ses mains qui habituellement coupent finement l’air avec justesse n’ont aucune précision. Elle marche comme les autres, comme ces gens trop pressés par le quotidien, comme ces gens qui ont toujours besoin d’un café pour se réveiller dans une routine d’abstraction. Elle m’avait donné rendez-vous à 7 : 13. Elle a toujours préféré ces heures aléatoires. Elle dit que c’est pour gêner ceux qui donnent approximativement ou arrondissent l’heure même lorsqu’ils ont une référence numérique. Je suis arrivé un peu en avance par erreur. Je préfère être en retard plutôt qu’attendre et de toute façon ceux qui se soucient constamment des délais ne prêtent jamais attention aux déplacements. Mais cette erreur me permet de la regarder délaisser son aisance habituelle pour une démarche brutale. Pourtant, elle m’a toujours dit avec conviction qu’il ne faut jamais faire de compromis sur « la légèreté du moment ». Je n’ai jamais vraiment saisi l’idée de compromis. Je pense que c’est une caractéristique propre aux êtres seuls. La première fois qu’on s’est rencontré, elle m’avait demandé de décrire ma perception du féminisme et de son état, le genre de question qui fatigue les gens. Est-ce qu’il y a certains sujets qu’on ne devrait plus aborder sur la place publique ? Les autochtones, les noirs, l’inégalité, les crises mondiales, le système, le gluten, les produits laitiers, l’obésité, Lebron, la femme, les avocats et tous les autres sujets de dissertations finales et de plan de cours à l’UQAM ? C’est lourd honnêtement. Donc, je lui avais glissé une réponse naïve : « l’état du féminisme en ce moment, c’est l’homme qui affirme que faire un cunnilingus à sa partenaire est la représentation du féminisme ». Elle n’avait pas ri. Les gens qui défendent des causes oublient de rire. Puisqu’ils écoutent et finissent par oublier d’interrompre tandis que les autres s’arrêtent en pleine discussion pour répondre.

 

« La légèreté du moment » c’est :

Chacun des envols de pollen, lorsqu’emportés à nouveau par un courant d’air soudain, leur trajectoire reste la même : secondaire au déplacement

 

2 septembre 2017

Tous les mêmes

 

J’aime ces filles blondes aux cœurs brisés. Léa, Kristel, Anne-Sophie et toutes les autres qui ont vu leurs parents se séparer. Papa habite au bord d’une rive qui l’a fait rêver toute son enfance et qu’il l’a invitée à s’y noyer durant les périodes sombres de son adolescence. Maman est jolie. Tellement jolie qu’elle a longtemps gardé ses traits fins pour elle. J’aime ces filles aux troubles alimentaires et qui parcourent le monde à la recherche d’images. On ne peut pas fuir d’où l’on vient si l’on ne partage pas ces forêts luxuriantes, cette architecture du 18e siècle et ces plages auxquelles on accroche notre visage sur un bâton, pendant que le ressac nous ramène notre reflet. J’aime ces filles qui ont aimé avant de s’aimer. Elles ont tellement eu peur de dormir seules le soir qu’elles ont laissé une clé en dessous de chaque verre offert. Aujourd’hui, elle a trois lignes noires qui surplombent son tendon d’Achille et qui sont ancrées sur sa peau. Elle s’exprime maintenant. Elle a un blogue. Elle nous raconte comment ils sont tous des cons. C’est elle qui m’a montré cette nouvelle drogue. Elle m’expliquait que plus personne ne prend de la cocaïne, c’est pour les gens pauvres et qui ne rêvent plus. Je conduisais au volant de cette vie blonde, lorsqu’elle m’a embrassé, détournant ainsi mon regard de cette route sinueuse. J’ai senti sur sa langue cette fine pellicule au goût amer. J’ai conduit les yeux fermés pendant les dix secondes qui ont suivi, mais je pouvais voir ses cheveux danser sous ce vent soigneux. Je pouvais voir la mer s’éteindre contre la cote. On se déplaçait sans vraiment savoir où nous allions. Tout semblait plus clair, mais j’étais incapable de me rappeler le moment précédent. Je pouvais seulement vivre l’instant. Ma main s’est échappée sur sa cuisse que la robe laissait exposer. Nous nous sommes arrêtés au sommet des dunes. Elle courait déjà dans ce sable brûlant s’émancipant à nouveau, en libérant son corps de ses vêtements. Je déteste faire l’amour sur la plage, mais lorsque la deuxième pellicule a fait effet, mon plaisir c’était de la voir s’évader en regardant le ciel. Je l’ai déposée sur la serviette. J’ai commencé par ses lèvres. Ensuite, le lobe de son oreille. Mes mains ne faisaient que glisser sur sa peau. Laissant une empreinte entre ses cuisses et sur ses seins. Et puis, ma bouche est descendue. Je me suis arrêté au-dessus du frein du clitoris. Elle pouvait sentir la chaleur de ma bouche. Je pouvais sentir son corps réagir. Il n’y a eu aucune pénétration. Mon plaisir était ailleurs. Ma langue s’est délicatement déposée sur son clitoris. La réaction fut instantanée et vive. Je ne me souviens plus du reste. Je ne l’ai pas rappelé à notre retour. Je ne voulais pas de cette fille aux cœurs brisés et qui a aimé avant de s’aimer. Je veux la suivre sur photo, me vider une fois de temps à autre, en lui laissant croire que je ne suis pas comme les autres. Parce que c’est son amie aux lunettes rondes et qui peint qui m’attire. C’est déstabilisant ce genre de fille. Elle ne fait pas que vouloir regarder des films et faire les mêmes activités que toi. Elle ne veut pas te voir chaque jour. Elle veut vivre. Et ensuite, partager une partie de son temps. Elle est le centre de sa vie. Par contre, pour l’instant, je n’aime pas le fait qu’elle ne se rase pas le pubis ou c’est une belle excuse pour continuer à aimer ces filles blondes aux cœurs brisés…

Tous les mêmes

 

Juillet 2015

Les traces d’hier

Comme un bon iver

Cela nous rapproche

Par une note, un flocon

Dans ce froid, par ce son

On passera au travers

Même de nos reproches

Sous cette neige et cette voix

En suivant, les traces d’hier laissées dans nos pas

 

Février 2012

Si esthétiquement le moment est satisfaisant, alors toutes les raisons sont bonnes

 

Le principe est de susciter l’intérêt en se détachant du moment, en n’oubliant les mots pour mieux comprendre l’idée:

 

Nous sommes assis. Je parle pour détourner mon désir quitte à me répéter quitte à être incohérent. Visiblement, cela semble déranger ou amuser les alentours. Elle me disait que la folie de celui qui s’exprime se manifeste dans la peur de celui qui juge les propos. Sa main glisse dans ses cheveux. Elle esquisse un léger sourire. Consciente du moment, consciente de mon désir. J’appuie ma raison non sur les mots, mais bien sur le moment. Si les gens s’attardent à mes propos, alors ils seront convaincus qu’ils ne font aucun sens et je ne pourrais affirmer le contraire. Il suffit que le destinataire accepte l’incohérence pour saisir l’essence du moment. Je termine finalement mon premier verre en la regardant tendre naïvement la main au prétexte.

 

Si l’idée est suffisamment mauvaise, alors il sera encore plus facile de pervertir la meilleure des personnes:

Le serveur s’arrête et me dépose un autre prétexte. Probablement celui de trop, mais l’idée est déjà lancée. Autour de moi, il y a celui qui ose le désir, celle qui refuse d’affronter l’opinion publique et celui qui crée cette opinion. Le danger c’est d’être convaincu puisque ceux qu’ils ne le sont pas te suivront, même s’il risque.

 

Je ne crois pas au désir, mais je crois encore moins au refoulement de celui-ci:

 

Un regard. Un manque d’explication. La discussion se poursuit au rythme des consommations. On se questionne rarement sur la raison. Elle m’expliquait que c’était mieux ainsi, de cette façon on se protège et on ne risque pas de perturber la routine, cette forme de confort.

 

27 Janvier 2013

 

De Monaco, la cité-État

En passant par Bel-Air là où il fait frais

Sous la plume de Saint-Exupéry

Dans les restes de Persia

Avec une Lady à tout jamais

Jusqu’à un double-aller avec un passeport pour Paris

 

Juillet 2012