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On essuie nos obsessions avec de la peinture fraîche

Les courants d’air enrobent les tissus laissés à nu

Traçant des courbes aléatoires similaires à la trajectoire du pollen

Des courbes qui rappellent la jonction entre le dos et les fesses

Une jonction qui rapproche les réveils des maîtresses

On essuie nos obsessions avec de la peinture fraîche

Les femmes se déplacent toujours un peu mieux dans l’espace

Pendant que les courants d’air enrobent les tissus laissés à nu

Les transitions ne laissent place à aucune forme de vulnérabilité

Pour se permettre d’aimer, il faut pourtant accepter sa propre vulnérabilité

Les gens s’arrêtent en pleine discussion pour répondre

Et les autres écoutent et finissent par oublier d’interrompre

Essaie de me comprendre

Ce n’est pas de te voir nu qui me charme

Ni quand tu m’offres ton cou avant tes jambes

C’est tout ce qui précède

Les silences confortables dans les yeux de l’autre

Puisqu’il faut plus de confort pour être en silence

Qu’il en faut pour parler de soi

Les déplacements se font quand personne n’observe

Si tu te regardais comme tu regardes les autres te regarder

Tu verrais que personne ne se voit

N’essaie plus d’être là où l’autre était

Et encore moins d’être celui, que l’autre n’est pas

Personne ne s’intéresse réellement à la projection

Ne sois pas de ceux qui me parlent d’abord de mon image

Et si j’étais incapable de te faire l’amour sobre

Appuyé à une poutre sans chaleur

Je fume, je fume, mais

voici ce que je réponds : je fume, mais…

Mais seulement avec les gens

Mais seulement l’été

Mais seulement quand je bois

Mais…

Les gens répondent toujours à leur propre question

Et si j’étais incapable de te faire l’amour sobre

 

 

11 juillet 2017