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Et puis un jour, tu as 24 ans. Tu te réveilles en te demandant ce que tu as accompli, mais surtout ce que tu aurais pu réaliser. Tu comprends rapidement que tu as fait beaucoup de concessions et qu’il est trop tard pour recommencer. En fait, ce n’est pas vraiment une question de temps, mais plutôt une question de choix. Est-ce que tu recommences un nouveau baccalauréat parce que tu ne t’imagines pas être gestionnaire de médias sociaux toute ta vie (ils t’ont bien eux avec le titre de gestionnaire/coordonnateur) ? Est-ce que tu restes dans une relation confortable parce que l’autre est mieux que la solitude ? Est-ce que tu continues à travailler dans les bars parce que tu ne sais pas ce que tu veux faire de ta vie ? Est-ce que ton prochain voyage te permettra réellement de te découvrir et surtout de te faire oublier ton ex ? Je n’ai pas vraiment de réponses à toutes tes questions. D’autant plus que je suis présentement en train d’attendre une fille dans un café. J’accepte continuellement ces rendez-vous dans des lieux que je suis le seul noir en après-midi. Tu es déjà allé au Darling pour travailler sans penser à ta tenue ? En plus, ce sont toujours les filles qui font de l’anxiété qui m’invitent dans ces décors de céramiques et de plafonds cathédrale.

D’ailleurs, je ne comprends pas ton anxiété. Je ne comprends pas ce mélange d’émotions et de pensées désagréables qui font battre ton cœur trop vite, tout le temps. Je ne comprends pas tes étourdissements même quand tout semble tourner pour toi. Tu veux toujours dormir collé, mais tu as des troubles du sommeil. Même quand je prends ta main, tu continues à trembler. Ta nausée accompagne tes serrements et tes douleurs à la poitrine et pourtant j’ai défait tous les nœuds que les autres ont noué dans ton cœur.

C’est peut-être ça à force d’être une chargée de projet sous-payée qui aurait dû continuer à jouer du violon, mais papa et maman payaient juste ta maîtrise en comm parce que tu fais quoi avec une maîtrise en musique ?

C’est peut-être ça aussi à force de tellement aimer ta blonde tu réalises même plus que même le choix des couleurs pour les murs de ton appartement c’est un sujet d’affrontement

C’est peut-être ça aussi à force de regarder les autres ne pas savoir comment s’aimer, tu ne sais même pas c’est quoi le bonheur d’être complètement vulnérable devant une autre personne