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À lire en écoutant: Disclosure Latch

 

Je ne sais pas à qui est la faute. Disons simplement que ce n’était pas la mienne.

Un peu de lumière, quelques âmes perdues et un corps anorexique. Étrangement, j’aime ce trouble, cette lutte continuelle contre la faim. Un corps mal qui se dresse contre plus que soi-même avec seul support une peau trop mince et des os qui écorchent la vie. La musique était probablement trop forte pour accompagner le moment, mais ces temps-ci, le silence berce seulement les souvenirs que le vent du nord ramène. Encore une fois, je suis un peu trop ivre pour le réveil, mais suffisamment pour aller lui parler. Je cherchais un peu de réconfort dans plus mal que moi. Il le faut puisque forcément si ce n’est pas à toi, c’est à l’autre la faute. J’ai compris qu’il fallait absolument trouver un coupable à nos erreurs parce qu’en vieillissant on supporte moins bien la solitude. Je le sais, c’est égoïste de demander à l’autre de nous aimer, mais sinon qui le fera quand on aura oublié comment le faire pour soi ? Je ne réalisais même pas que je dansais déjà depuis un bon moment. Je ne pouvais même plus dissocier l’envie du désir ni le moment d’hier. J’ai cherché des réponses sur le dos d’un éléphant, dans une plus grande ville, sur l’encre qui s‘imprègne dans ma peau, dans l’amour sur les plages, au sommet d’une montagne, dans la pauvreté du monde et même chez les autres. Il faut être nu au moins une fois devant un étranger pour se sentir vivant ou glisser son visage doucement contre une surface dure, en absorbant un peu de résidu qui retarde légèrement l’état de conscience.

 

Février  2014