Sélectionner une page

Je suis de ceux qui croient qu’on ne naît pas mauvais, mais laid. C’est difficile de défendre un concept de surface et si simple en même temps puisque c’est l’ère dans laquelle nous vivons. Tu te dois d’être beau puisque ça ne s’interprète pas. L’amour s’interprète. Et c’est là le problème. Certains individus sont incapables de se détacher du moment ou dans ce cas de leurs sentiments. Ton œil, lorsqu’il aime, il n’interprète pas, il voit l’image et recueillie la lumière sans se l’approprier, sans en exiger une réciprocité ou un concept d’éternité. Les âmes sensibles affirmeront à tort qu’on doit définir le concept de la beauté puisqu’il est différent pour chacun. Ce qui est matériel et temporel n’est que complément. La beauté jaillit du laid, c’est de lui qu’elle puise sa simplicité. Le concept n’a de forme ni de couleur contrairement à l’opinion publique. Ne crois pas qu’il soit donné à tous. Comme je te disais plus tôt, tout ce qui n’est pas intemporel n’est que complément. C’est ce qu’on appelle la simplicité de la beauté. Ce qui explique pourquoi c’est plus facile lorsqu’on est beau et jeune. Tu ne t’es jamais demandé pourquoi les filles qui vivent au bord de l’eau sont plus belles. Contrairement à la beauté pure, celle qui est simple nécessite un contexte pour exister tel que la jeunesse. L’essence de la beauté ne réside pas dans l’observation intellectuelle et la perception humaine, mais bien dans un frisson d’été, dans un printemps déjà oublié, sous une mélodie qui te fait danser, l’instant d’un baiser, dans les yeux d’une mère, sur le dos d’une vague qui brise la mer, dans la quête d’un petit prince, sur les os d’une fille trop mince, entre la mort et les plis d’un bébé qui dort, dans l’espace laissé vacant par mes mots et sous ton chemisier que je détache pour voir ta peau…

 

Novembre 2014