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L’été se meurt pour que nous puissions oublier nos premières rencontres et les mères qui pleurent en silence.

Une jeune maman allaite son bébé devant le café Larue & fils. Elle porte des lunettes qui lui ont été conseillées par une photographe inexpérimentée qui a fait ses études en communication. Aujourd’hui, personne ne travaille dans son domaine d’étude. Les diplômés en littérature développent des sites web et de jeunes avocates désillusionnées se réorientent vers les domaines de la santé. La jeune maman se sent pleinement en confiance d’allaiter devant un été qui se meurt puisque sa conversation de groupe « girlpower » lui a dit que c’était ce qu’il y a de plus naturel, malgré un corps déformé par ce bébé qui l’épuise. Ce bébé qui pleure et fracture son couple. Ce bébé qu’elle apprend à aimer. La conseillère lui a parlé de son visage rond et des différentes montures qui vont appuyer et sculpter son visage, mais jamais de sa détresse aveuglante. Comment une mère doit-elle apprendre à aimer son enfant ? Deux jeunes filles font miroiter les notes d’un piano public devant le café Larue & fils. Le chemin du retour entre l’école et la maison est un espace de création et de liberté brossé par une imagination tangible. Les trottoirs peints sur le chemin Castelnau mènent à une grotte magique où les hippopotames apprennent aux fleurs à danser sous le vent pour éviter de se casser, où tous les enfants ont accès puisque la seule contrainte pour y entrer est de ne plus croire à ses rêves et où tous les enfants se trouvent hors de notre monde, sans crainte d’être persécuté du fait de leur appartenance communautaire ou religieuse et n’ayant même plus de nationalité, sans toute fois avoir besoin d’un statut de réfugié. Des parents n’ayant visiblement pas accès à la caverne déracinent les enfants de ce monde « utopique » pour aller manger devant la télé sous les yeux d’un été qui se meurt.

Observations durant la pause café/chocolat chaud

 

15 septembre 2017