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Le principe est de susciter l’intérêt en se détachant du moment, en n’oubliant les mots pour mieux comprendre l’idée:

 

Nous sommes assis. Je parle pour détourner mon désir quitte à me répéter quitte à être incohérent. Visiblement, cela semble déranger ou amuser les alentours. Elle me disait que la folie de celui qui s’exprime se manifeste dans la peur de celui qui juge les propos. Sa main glisse dans ses cheveux. Elle esquisse un léger sourire. Consciente du moment, consciente de mon désir. J’appuie ma raison non sur les mots, mais bien sur le moment. Si les gens s’attardent à mes propos, alors ils seront convaincus qu’ils ne font aucun sens et je ne pourrais affirmer le contraire. Il suffit que le destinataire accepte l’incohérence pour saisir l’essence du moment. Je termine finalement mon premier verre en la regardant tendre naïvement la main au prétexte.

 

Si l’idée est suffisamment mauvaise, alors il sera encore plus facile de pervertir la meilleure des personnes:

Le serveur s’arrête et me dépose un autre prétexte. Probablement celui de trop, mais l’idée est déjà lancée. Autour de moi, il y a celui qui ose le désir, celle qui refuse d’affronter l’opinion publique et celui qui crée cette opinion. Le danger c’est d’être convaincu puisque ceux qu’ils ne le sont pas te suivront, même s’il risque.

 

Je ne crois pas au désir, mais je crois encore moins au refoulement de celui-ci:

 

Un regard. Un manque d’explication. La discussion se poursuit au rythme des consommations. On se questionne rarement sur la raison. Elle m’expliquait que c’était mieux ainsi, de cette façon on se protège et on ne risque pas de perturber la routine, cette forme de confort.

 

27 Janvier 2013