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J’aime ces filles blondes aux cœurs brisés. Léa, Kristel, Anne-Sophie et toutes les autres qui ont vu leurs parents se séparer. Papa habite au bord d’une rive qui l’a fait rêver toute son enfance et qu’il l’a invitée à s’y noyer durant les périodes sombres de son adolescence. Maman est jolie. Tellement jolie qu’elle a longtemps gardé ses traits fins pour elle. J’aime ces filles aux troubles alimentaires et qui parcourent le monde à la recherche d’images. On ne peut pas fuir d’où l’on vient si l’on ne partage pas ces forêts luxuriantes, cette architecture du 18e siècle et ces plages auxquelles on accroche notre visage sur un bâton, pendant que le ressac nous ramène notre reflet. J’aime ces filles qui ont aimé avant de s’aimer. Elles ont tellement eu peur de dormir seules le soir qu’elles ont laissé une clé en dessous de chaque verre offert. Aujourd’hui, elle a trois lignes noires qui surplombent son tendon d’Achille et qui sont ancrées sur sa peau. Elle s’exprime maintenant. Elle a un blogue. Elle nous raconte comment ils sont tous des cons. C’est elle qui m’a montré cette nouvelle drogue. Elle m’expliquait que plus personne ne prend de la cocaïne, c’est pour les gens pauvres et qui ne rêvent plus. Je conduisais au volant de cette vie blonde, lorsqu’elle m’a embrassé, détournant ainsi mon regard de cette route sinueuse. J’ai senti sur sa langue cette fine pellicule au goût amer. J’ai conduit les yeux fermés pendant les dix secondes qui ont suivi, mais je pouvais voir ses cheveux danser sous ce vent soigneux. Je pouvais voir la mer s’éteindre contre la cote. On se déplaçait sans vraiment savoir où nous allions. Tout semblait plus clair, mais j’étais incapable de me rappeler le moment précédent. Je pouvais seulement vivre l’instant. Ma main s’est échappée sur sa cuisse que la robe laissait exposer. Nous nous sommes arrêtés au sommet des dunes. Elle courait déjà dans ce sable brûlant s’émancipant à nouveau, en libérant son corps de ses vêtements. Je déteste faire l’amour sur la plage, mais lorsque la deuxième pellicule a fait effet, mon plaisir c’était de la voir s’évader en regardant le ciel. Je l’ai déposée sur la serviette. J’ai commencé par ses lèvres. Ensuite, le lobe de son oreille. Mes mains ne faisaient que glisser sur sa peau. Laissant une empreinte entre ses cuisses et sur ses seins. Et puis, ma bouche est descendue. Je me suis arrêté au-dessus du frein du clitoris. Elle pouvait sentir la chaleur de ma bouche. Je pouvais sentir son corps réagir. Il n’y a eu aucune pénétration. Mon plaisir était ailleurs. Ma langue s’est délicatement déposée sur son clitoris. La réaction fut instantanée et vive. Je ne me souviens plus du reste. Je ne l’ai pas rappelé à notre retour. Je ne voulais pas de cette fille aux cœurs brisés et qui a aimé avant de s’aimer. Je veux la suivre sur photo, me vider une fois de temps à autre, en lui laissant croire que je ne suis pas comme les autres. Parce que c’est son amie aux lunettes rondes et qui peint qui m’attire. C’est déstabilisant ce genre de fille. Elle ne fait pas que vouloir regarder des films et faire les mêmes activités que toi. Elle ne veut pas te voir chaque jour. Elle veut vivre. Et ensuite, partager une partie de son temps. Elle est le centre de sa vie. Par contre, pour l’instant, je n’aime pas le fait qu’elle ne se rase pas le pubis ou c’est une belle excuse pour continuer à aimer ces filles blondes aux cœurs brisés…

Tous les mêmes

 

Juillet 2015